Me Raouf Gulbul Exposed ! Ou Dev Hurnam Revisited ! C’est en tout cas les options qui se présentent aux autorités en vue de faire la lumière sur les allégations accablantes de Perverting the Course of Justice ou de complicité présumée avec des trafiquants de drogue à l’encontre du Chairman de la Law Reform Commission et de la Gambling Regulatory Authority (GRA) et également l’un des membres du Legal Panel assurant la défense du Premier ministre et leader du MSM, Pravind Jugnauth, dans le High Profile Case relevant du scandale politico-financier de MedPoint. D’ici la fin de cette semaine, les pressions devront s’accentuer contre le candidat battu du MSM au sein de l’Alliance Lepep au N° 3 pour qu’il soit forcé dans un premier temps à prendre la porte de sortie des institutions, dont la Law Reform Commission, avant d’être convoqué par le président de la commission d’enquête sur la drogue, l’ancien juge de la Cour suprême, Paul Lam Shang Leen. À l’hôtel du gouvernement, l’on continue à prendre la mesure du déluge d’accusations contre Raouf Gulbul, tout en se disant conscient du boulet politique que celui-ci représente à la veille de la campagne pour une élection partielle cruciale à Belle-Rose/Quatre-Bornes (N° 18).
Après le déballage de Parwisa Jeeva (voir texte plus loin) et des proches de cette trafiquante de drogue au sujet de la connexion Raouf Gulbul et le parrain des parrains, Peroumal Veeren, le prisonnier Jacharee Bottesoie, condamné dans une affaire de drogue, après la saisie de 2,5 kilos d’héroïne en juillet 2001, devait revenir cet après-midi pour la troisième fois officiellement avec de graves allégations contre Me Raouf Gulbul. En effet, ce témoin est attendu devant la commission d’enquête sur la drogue pour la séance du jour avant que la Junior qui en sait trop ne soit appelée à la barre dans les prochains jours. La version des faits répétés par Jacharee Bottesoie, que ce soit dans une correspondance adressée à l’assistant commissaire de police Valaydon ou encore lors de sa déposition aux Assises devant le juge Asraf Caunhye, confirme le Modus Operandi adopté d’Avocat-Protector de la mafia par le même Raouf Gulbul. Comme dans le cas de Parwisa Jeeva et Peroumal Veeren, l’homme de loi s’était donné pour mission de protéger le commanditaire des 2,5 kilos saisis chez Bottesoie, en l’occurrence Rajen Velvindron. D’aucuns affirment que Peroumal Veeren est une extension de Rajen Velvindron « in the drugs underworld » à Maurice.
Jusqu’ici, dans les deux précédents cas, le détenu Bottesoie a essuyé des échecs en vue de rétablir la situation par rapport aux agissements du président de la Law Reform Commission. Mais avec la comparution annoncée pour aujourd’hui devant la commission d’enquête Lam Shang Leen, le principal concerné, qui pourrait déposer In Camera, dispose d’une ultime chance de remettre les pendules à l’heure en démasquant « le bras long de la mafia de la drogue hors des murs de la prison ».
Avec son arrestation en juillet 2001 lors d’une opération de l’ADSU, une cargaison de 2,5 kilos d’héroïne fut saisie et dans sa déposition aux enquêteurs, Jacharee Bottesoie devait avouer que « sa la drog la li pou Rajen Velvindron ». Le Case File de cette enquête indique qu’au lendemain de ces révélations, la machinerie pour protéger le dénommé Rajen Velvindron fut enclenchée. Me Raouf Gulbul devait se présenter au QG de l’ADSU en indiquant que ses services avaient été retenus par la soeur du suspect. Mais le dénommé Bottesoie devait décliner cette offre d’assistance légale.
À ce chapitre, des extraits du jugement prononcé par le juge Asraf Caunhye dans la SCJ 319 de 2003 de la Cour suprême en font foi. « On 13 July 2001 at 00.50 hrs. he (Bottersoie) stated that he would give his statement on the following day. Later during the same day when Mr. Gulbul, a barrister whose services had been retained by Bottesoie’s sister, called at the station where he was detained, Bottesoie stated that he was not aware whether the services of Mr. Gulbul had been retained to assist him and that if ever he has to retain services of counsel, he will inform the police. He was again interviewed for a written statement on 13 July 2001 at 16.45 hrs », note le juge dans les attendus du verdict.
Après cette première tentative avortée de faire que Jacharee Bottesoie se rétracte quant à ses accusations contre Rajen Velvindron, Me Gulbul devait revenir à la charge juste avant que le procès ne fût entendu aux Assisses en juillet 2003. Le témoin avait révélé sous serment que l’homme de loi était venu lui rendre visite en prison le 22 mars 2003 en insistant de mettre hors de cause le dénommé Velvindron. Les Prison Records sur les visites laissent voir que cette rencontre du 22 mars 2003 entre le détenu et l’avocat avait duré un peu moins d’une heure, soit de 8 heures 15 à 9 heures 27.
Raouf Gulbul avait donné un délai d’une semaine au dénonciateur afin de se rétracter. Il devait retourner à la prison le 29 mars 2003. Mais cette fois-ci, Jacharee Bottesoie avait catégoriquement quitté sa cellule pour aller parler avec l’avocat. Entre-temps, le prisonnier avait écrit officiellement une Prisoner’s Letter au directeur général de l’ADSU, l’ACP Valaydon, pour dénoncer le chantage, dont il faisait l’objet. La teneur de cette missive, qui se tient en cinq paragraphes, signée du détenu et portant le cachet du Mauritius Prisons Service, Central Prison Beau-Bassin, est des plus explicites.
« Quand Monsieur Gulbul finn vinn get moi lor vizit li finn dir moi ki mo kapav kondane 45 ans dan sa case-la. Sa alegasion ki to inn faire contre Rajen Velvindron-la, li donn cinq millions roupies si to tir li la Cour. Nous pren ca casse la nou servi pou donn bann dimounn haut placé pou to capave gagn enn ti santans », écrit Jacharee Bottesoie tout en se disant choqué par cette proposition indécente d’un homme de loi.
Dans le même souffle, Jacharee Bottesoie avait demandé à la police de faire une enquête. En prenant connaissance de ces tractations pour protéger un parrain de la drogue, le juge Asraf Caunhye avait réclamé une nouvelle enquête. Mais dans les deux cas, les enquêtes n’eurent pas de suite; et dans la lettre à l’ACP Valaydon, il avait demandé instamment que « mo pale osi qui Misie Gulbul dibout dan mo zafer ».
Il va de soi qu’après la déposition du jour du détenu, la commission Lam Shang Leen devra solliciter le dossier de cette affaire à l’ADSU et au greffe de la Cour suprême pour décider de la marche à suivre avant la confrontation avec Raouf Gulbul à la mi-juillet au sujet de l’Avocat-Protector Modus Operandi en vue de protéger coûte que coûte les parrains de la drogue…