Me Anupam Kandhai, membre du Mouvement Patriotique, un des premiers Serving Members at the Bar à être formellement convoqués par la Commission d’enquête sur la drogue, présidée par l’ancien juge Paul Lam Shang Leen, sera de nouveau sur le gril. En effet, il a été de nouveau convoqué pour la séance du jour. Tout semble indiquer que le passage devant la commission Lam Shang Leen ne sera pas de tout repos pour cet homme de loi au sujet de ses agissements en faveur des trafiquants de drogue déjà condamnés à la prison. En parallèle, la star witness-in-waiting dans l’enquête de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) au sujet des saisies record en série d’une valeur marchande de plus de Rs 2,5 milliards, Navind Kistnah, s’apprête à aborder une nouvelle étape de ses révélations au sujet des dessous du réseau de trafiquants de drogue avec la « main invisible » de Peroumal Veeren tirant les ficelles. À partir d’aujourd’hui, ses conseils légaux, Mes Rama Valayden et Neelkanth Dulloo, ont pris des dispositions pour suivre le déroulement des séances quotidiennes d’interrogatoire de ce suspect avec accent sur les 38 Consignments dédouanés dans le port par les services de Kun Management Int au cours de ces dernières années. Par ailleurs, il devra éclairer la lanterne des enquêteurs de l’ADSU au sujet du mystère de Homanchal Ramdin, un Customs Broker porté disparu depuis le 17 mars dernier, soit au lendemain de la saisie record de 135 kg d’héroïne dans six compresseurs à bord du MSC Ivana par l’ADSU et la Customs Anti-Narcotics Team le 9 mars dernier.
À ce stade des travaux de la Commission d’enquête sur la drogue, Me Anupam Kandhai pourrait être l’un des premiers membres du barreau à être sous la menace d’éventuelles sanctions de la part des autorités sur recommandation de la commission à l’Office of the Director of Public Prosecutions. Cet homme de loi, qui a intégré le Mouvement Patriotique d’Alan Ganoo, devra être confronté cet après-midi à la version de Sanjeev Nunkoo au sujet du paiement de l’amende de Rs 306 365 imposée à un passeur kényan, Jackson Kamasho, qui avait été également condamné à la prison ferme. L’amende avait été payée le 3 février 2016.
Interrogé jeudi dernier par le président de la commission d’enquête, le dénommé Sanjeev Nunkoo a rejeté catégoriquement la version consignée par l’homme de loi lors de son audition formelle du 15 juin dernier. Il a soutenu que contrairement à ce qu’avait raconté Me Kandhai, il n’avait jamais occupé la même cellule que Jackson Kamasho ou encore n’était nullement en mesure de mettre une telle somme à la disposition de ce ressortissant kényan pour régler son amende après avoir purgé sa peine à la prison. De ce fait, cet après-midi, Me Kandhai ne devrait nullement avoir la partie facile devant la commission, avec l’ancien juge de la Cour suprême visiblement agacé d’avoir été mené en bateau par un Learned Member of the Bar.
Dépendant des explications que devra fournir Me Kandhai à ce sujet cet après-midi, à coup sûr des procédures disciplinaires au niveau de la Cour suprême ne sont pas à écarter en raison de la gravité des faits susceptibles d’être retenus. À ce stade, aucune indication n’a transpiré quant à la démarche envisagée par la commission, qui pourrait soumettre dans les plus brefs délais un rapport à l’Office of the Director of Public Prosecutions pour une enquête en vue d’instituer un comité disciplinaire de la Cour suprême. Il pourra également attendre la fin des travaux et inclure ce recours à des mesures disciplinaires dans le rapport officiel, devant être techniquement prêt avant la fin de cette année, à moins qu’il y ait d’autres développements majeurs.
En parallèle, à partir d’aujourd’hui, Navind Kistnah compte mettre les bouchées doubles en vue de conclure ses révélations sur le trafic de drogue dans le cadre de l’enquête de l’ADSU. Cette démarche s’inscrit dans la perspective d’une éventuelle déposition devant la commission d’enquête sur la drogue. L’un des premiers dossiers, qui fait l’objet de toile de fond pour la reprise des interrogatoires, sera les 38 Consignments, dont le dépotage dans le port qui avait été traité par les soins de Kun Management Int.
Les enquêteurs de l’ADSU, menés par les surintendants Azima et Ramgoolam sous la supervision du Deputy Commissioner of Police Choolun Bhojoo, s’intéressent à tous les détails relatifs à ces précédentes cargaisons, que ce soit par rapport aux premiers contacts pour engager les procédures douanières aux destinataires de ces importations en passant par les contacts à la douane pour « faciliter la transaction ».
Navind Kistnah devra également ouvrir un chapitre encore plus délicat de cette enquête sur les trois saisies d’héroïne d’une valeur marchande de plus de Rs 2,5 milliards en mars dernier. Techniquement, un des suspects, un dénommé Homanchal Ramdin, Customs Broker et partenaire de Navind Kistnah au sein de Kun Management Int, est porté manquant depuis le 17 mars dernier. D’aucuns affirment que ce Custom Broker, qui détient des informations cruciales dans le réseau de drogue, aurait déjà pu quitter le pays à destination de la Grande Île depuis mars dernier, littéralement au lendemain de l’arrestation de Zanfan Lakaz, Geanchand Dewdanee, et du ressortissant indien Sibi Thomas.
Toutefois, un détail n’échappe pas à l’attention depuis l’ouverture de l’enquête sur les 135 kg d’héroïne du 9 mars dernier. Le dénommé Ramdin, qui avait déjà eu des démêlés avec la police pour des vols de vye feray sur grande échelle, était dans le collimateur de l’ADSU. Dans un affidavit juré par le chef inspecteur Sooresh Ramburuth pour contester la demande de liberté provisoire du ressortissant indien Sibi Thomas, le nom de Homanchal Ramdin surgit.
« Initially when the offence (l’affaire des 135 kg de drogue du 9 mars) was detected, three statements were recorded from Homanchal Ramdin as a witness. However, I aver that when he was subsequently requested to attend office for further enquiry, he failed to do so and has been on the run since then. Police strongly believes that he is an important link in the importation of drugs network who has managed to escape the police », souligne également le chef inspecteur de l’ADSU.
Les réponses de Navind Kistnah aux questions de l’ADSU au sujet de ses liens avec Homanchal Ramdin devront se révéler déterminantes dans le démantèlement du réseau de trafiquants de drogue et le dénouement de cette enquête à plusieurs niveaux. D’autre part, après sa fuite en Afrique du Sud et lors de ses premiers échanges téléphoniques avec des membres de sa famille, le même Kistnah avait donné des directives en vue d’établir des contacts avec Homanchal Ramdin. Ses parents avaient pu s’entretenir avec celui-ci pendant le week-end du 12 mars dernier à son domicile avant qu’il ne soit officiellement porté Missing depuis le 17 mars…