C’est avec lui qu’avaient repris les auditions de la commission d’enquête sur la drogue le 27 février dernier. Sheikh Mohamad Jibran Khudurun, qui s’était présenté comme un « designer » ayant son propre business – qu’il gère au Mozambique, en Afrique du Sud et à Madagascar –, en était à sa deuxième comparution hier après s’être fait porter pâle le 3 mai dernier et à d’autres occasions auparavant. Il devra à nouveau se présenter devant Paul Lam Shang Leen et ses deux assesseurs le 22 mai. Mais le président de la commission, qui n’a pas du tout été tendre avec lui, l’a d’ores et déjà prévenu quant à sa nouvelle comparution…
Le ton était donné d’emblée : Paul Lam Shang Leen avait face à lui Jibran Khudurun, domicilié à Moka et qui s’était présenté, en février dernier, comme « designer ». Il avait également admis être parenté à un détenu purgeant actuellement une peine d’une trentaine d’années de prison à Melrose pour importation d’héroïne. « Nous vous avions demandé de produire une série de documents, dont votre acte de société. Puisque vous nous avez dit, lors de votre passage devant cette commission, en février, que vous avez fondé votre propre compagnie avec divers partenaires. On vous avait demandé ces documents pour expliquer les raisons derrière vos fréquents déplacements au Mozambique, en Afrique du Sud et à Madagascar. Et aujourd’hui, vous êtes enfin venu, mais c’est maintenant que vous apportez certains documents. Et encore, ce ne sont pas ceux que nous vous avions réclamés ! » Dans le « box », Jibran Khudurun joue les durs et martèle que Paul Lam Shang Leen n’a pas spécifié « quels documents je devais présenter ».