Le romancier et poète Sedley Richard Assonne – également ancien journaliste et actuellement producteur à la station de télévision nationale – était attendu par la Commission Lam Shang Leen, où il était présent cette semaine. L’artiste a appris qu’un numéro de téléphone enregistré à son nom avait servi à communiquer « une bonne vingtaine de fois avec nul autre que le détenu Peroumal Veeren » ! D’où sa convocation pour venir s’expliquer…
« De toute ma vie, je n’ai jamais eu affaire à la police ! » a déclaré Sedley Assonne. Il avait été convoqué par l’ancien juge Paul Lam Shang Leen, président de la commission sur la drogue, afin de faire la lumière sur « le fait qu’un numéro de téléphone, enregistré à votre nom, et toujours actif, a communiqué une vingtaine de fois en un mois avec un téléphone utilisé en prison par le détenu Peroumal Veeren, incarcéré pour trafic de drogue ». Et de poser la question : « Comment expliquez-vous cela ? » Le président Lam Shang Leen a bien explicité ses raisons : « À un certain moment, je me suis même dit que, peut-être, puisque vous êtes écrivain, vous projetiez d’écrire un livre sur les trafiquants… D’où le fait que vous êtes en contact avec ce détenu ! » A cela, Sedley Assonne devait rétorquer, et ce à plusieurs reprises, que « je ne connais pas ce monsieur », désignant ainsi Peroumal Veeren. Paul Lam Shang Leen devait alors indiquer : « Selon nos renseignements, le numéro enregistré à votre nom a communiqué 20 fois avec Peroumal Veeren. Il s’agit essentiellement de SMS et d’un appel de moins d’une minute… Le tout durant un seul mois. D’où le fait que nous ayons été intrigués. »
Au fil des questions de la commission, Sedley Assonne devait admettre avoir eu plusieurs numéros de téléphone enregistrés à son nom. Il devait aussi soumettre un numéro qu’il utilise actuellement et qu’il a expliqué avoir acquis « il y a environ une année ». Et deux autres numéros, dont il ne se souvient pas, « que j’ai donné à mes deux fils, Avinash et Abhishek ». Paul Lam Shang Leen lui a alors demandé d’aller s’enquérir quant à ces numéros « et de les remettre à la commission pour enquête ». En revanche, s’agissant du numéro enregistré à son nom, et qui a été en contact avec Peroumal Veeren, Sedley Assonne a expliqué avoir « donné ce téléphone, avec sa carte Sim, à Manishka Sylvana Appavoo, domiciliée à Glen-Park, et qui a été ma petite amie à un certain moment ».
Face à cet élément d’information, le président de la commission devait remarquer que « vous voyez comment c’est dangereux quand vous donnez un portable à quelqu’un ? » Sedley Assonne devait rétorquer : « Je suis choqué ! Je ne comprenais pas quand j’ai appris que la commission souhaitait que je vienne déposer, la raison pour laquelle on me cherchait… J’avais complètement oublié que j’avais donné ce téléphone ainsi que la carte Sim et qui, je le reconnais, est effectivement à mon nom, à cette demoiselle… Je ne savais pas qu’elle s’en servait toujours et, surtout, je n’avais jamais pensé qu’elle serait en contact avec cette personne. » Et de nier, à plusieurs reprises, avoir quelque contact que ce soit avec Peroumal Veeren : « Je ne connais même pas ce monsieur. Dans le passé, j’ai effectivement côtoyé des détenus, en l’occurrence Poongavanam Poonsamy, qui avait été condamné à mort et qui avait été gracié. Je l’avais aidé pour la rédaction de son livre. » Et de renchérir : « Et je n’ai jamais eu l’intention d’écrire un livre sur le trafic. D’ailleurs, j’ai toujours écrit contre le trafic de drogue. » S’agissant de Peroumal Veeren, il a répété n’avoir « jamais parlé à ce monsieur ».
Paul Lam Shang Leen a donné à Sedley Assonne « jusqu’à vendredi pour soumettre les numéros que vous avez donné à vos fils afin que les enquêteurs puissent faire leur travail ». Sam Lauthan, assesseur de la commission, a rapidement évoqué le fait que, lorsqu’il était ministre de la Sécurité sociale, il avait eu Sedley Assonne comme attaché de presse. « Je vous connais et je connais votre travail. Comme le président, l’idée que vous soyez intéressé à rédiger un travail sur le trafic de drogue m’a également effleurée. »