Depuis le verdict de la Cour suprême le 7 mai 1993 la condamnant à mort pour trafic de drogue, la passeuse indienne Zaheda Banoo Mohamed Hussain, alors âgée de 34 ans, n’avait pas cru que le vendredi 8 juillet 2011 allait être marqué d’une pierre blanche. Elle a été agréablement surprise dans la journée d’hier quand les autorités de la Prison centrale lui ont annoncé qu’elle allait être libérée et que des dispositions ont déjà été prises pour son retour dans son pays dès hier après-midi.
Les recoupements d’information du Mauricien auprès des sources concordantes au sein de la Prison des femmes à Beau-Bassin et de l’administration de la Prison centrale révèlent que Zaheda Banoo Mohamed Hussain, aujourd’hui âgée de 53 ans, avait dans un premier temps cru à une mauvaise plaisanterie. Cela fait 18 ans qu’elle s’était habituée à cet environnement pénitentiaire même si à la veille du Nouvel an de 1994, elle avait fait une tentative de suicide en voulant se pendre avec ses vêtements dans sa cellule.
Zaheda Hussain s’est finalement rendu compte que le moment de sa remise en liberté a sonné quand les responsables de la Prison lui ont remis entre ses mains la somme de Rs 39 276. Cette somme représente les allocations mensuelles qui sont versées aux détenus pendant leur sentence. Au cours de ces 18 ans de détention, elle n’a pas dépensé un sou de ses allocations. Mais en raison de l’heure tardive d’hier, les autorités pénitentiaires ont dû faire diligence pour que cette ancienne passeuse de la première vague ne soit pas privée de son plus précieux bien en rentrant dans son pays.
Les autorités de la Prison centrale ont dû s’engager dans des consultations prolongées avec le State Law Office en vue de statuer si Zaheda Banoo Mohamed Hussain pouvait bénéficier d’une remise de peine. Dans un premier temps, Zaheda Hussain et sa compatriote Shameem Banoo Naseemuddin avaient été condamnées à des peines capitales par la Cour suprême selon les dispositions de la loi en vigueur à cette époque.
Les deux condamnées ont donné avis d’appel en vain contre cette condamnation auprès du Privy Council. Par la suite, la peine capitale a été commuée en une condamnation de prison à vie. Cette peine a été ensuite réduite à 23 ans de prison. Au moment de sa condamnation, Zaheda Hussain avait un fils âgé de huit ans.
Zaheda Hussain a été interpellée le 21 août 1992 à sa descente d’avion en compagnie de Shameem Naseemuddin. Lors d’une fouille corporelle, des éléments de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu) ont découvert dans leurs parties intimes quatre préservatifs de trois pouces de long contenant 158 grammes d’héroïne.
Les deux accusées ont déclaré en cour qu’elles avaient été leurrées par leurs contacts à Bombay. Ceux-ci leur auraient fait comprendre initialement qu’elles allaient transporter des articles à Singapour. Mais deux jours avant leur départ elles ont été enfermées de force dans une chambre d’hôtel. Deux ressortissants indiens – Hanif Pansaray et Ackbar Farmé – les ont contraintes à dissimuler les préservatifs contenant de la drogue dans les cavités de leurs corps avant de s’embarquer pour Maurice.