Les dernières tendances enregistrées en matière de saisie de drogue confirment les craintes exprimées à l’effet que Madagascar, avec un climat politique des plus intenses et l’insécurité économique qui frappe les ménages, est devenue une véritable plaque tournante pour le trafic de drogue au niveau de la région. Ainsi, hier après-midi, un passeur malgache, qui avait pu déjouer, dimanche, le contrôle conjoint de l’ADSU et de la Customs Drugs Unit à l’aéroport SSR, a succombé quand une des 73 boulettes d’héroïne dissimulées dans son estomac a éclaté. Durant le week-end, l’ADSU avait saisi 24 boulettes d’héroïne dans les poignées des valises d’une ressortissante malgache. Entre-temps, les lignes de communications entre Port-Louis et Antananarivo restent actives avec le cas d’un Mauricien âgé de 35 ans qui s’est écroulé dans la capitale malgache avec 64 boulettes de cocaïne (700 g) dans son tube digestif.
Depuis hier après-midi, les limiers de la CID de Grand-Baie et de l’ADSU sont engagés dans une enquête avec un passeur malgache, Mohamed Houssen, homme d’affaires de son état, retrouvé mort au Kilimanjaro Apartment à Grand-Baie. Ce directeur d’une compagnie d’importation et d’exportation de bois est arrivé à Maurice dimanche pour affaires et devait retourner dans son pays natal en août. Il en était à son dixième déplacement à Maurice.
Vers 15 h 40, la police de Grand-Baie a été informée de la découverte d’un cadavre à un stade avancé de décomposition dans un de ces appartements. Quand les policiers ont eu accès à l’intérieur de l’appartement, ils ont découvert l’homme d’affaires allongé sur le lit avec des indications selon lesquelles la mort remonterait à plusieurs jours déjà.
Une autopsie pratiquée par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, à la morgue du Princess Margaret Orthopaedic Centre (PMOC), devait relever pas moins de 73 boulettes d’héroïne, soit environ Rs 813 grammes, dans le tube digestif de l’homme d’affaires. L’une des boulettes avait éclaté et la cause du décès a été attribuée à un oedème pulmonaire. Les effets personnels, notamment le téléphone cellulaire, une importante somme d’argent et des documents, ont été recouvrés par la police en vue d’établir les contacts effectués par le passeur malgache depuis son arrivée à Maurice. Les boulettes d’héroïne ont été soumises au Forensic Science Laboratory (FSL) à des fins d’analyses. Les préposés de l’ambassade de Madagascar à Maurice ont été informés de cette affaire.