Un atelier de travail axé sur la gestion psychosociale et le “counselling” des toxicomanes en milieu carcéral se tiendra cette semaine à la Prison Training School, à Beau-Bassin. L’ouverture est prévue lundi en présence du ministre de la Santé Lormus Bundhoo, l’United Nations Resident Coordinator et UNDP Resident Representative Simon Springett ainsi que le Commissaire suppléant des Prisons. Une cinquantaine de cadres des Services des Prisons, du Brown Sequard Mental Health Care Centre et de la National Agency for the Treatment and Rehabilitation of Substance Abusers y participeront.
L’atelier, qui est une initiative conjointe des Services des Prisons, le ministère de la Santé et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), fait suite à la mise en place de la Methadone Induction Unit dans les prisons par le ministère de la Santé. L’objectif est de renforcer les capacités des participants dans la gestion psychosociale et le “counselling” aux toxicomanes en milieu carcéral. Plusieurs thèmes seront à l’ordre du jour : la neurobiologie liée à l’usage abusif de drogues, les principes d’entrevues motivationnelles, les principes de la thérapie cognitive du comportement et le programme de prévention de rechute, et les aptitudes et connaissances pour améliorer le travail quotidien, entre autres. L’atelier sera animé par des officiers de l’UNODC, le Pr Fatimah El Omari du Maroc et le Dr David Basangwa de l’Ouganda. Une remise de certificats est prévue à la fin de la formation.
« Partout dans le monde, les systèmes correctionnels luttent contre la réalité de la drogue en milieu carcéral car plusieurs détenus entrant dans les établissements correctionnels ont un problème de toxicomanie. La consommation de drogues dans les établissements correctionnels constitue aussi un problème parce qu’elle engendre la criminalité dans les prisons, la violence et la transmission de maladies. Elle mine aussi l’efficacité des efforts de réadaptation. Compte tenu des problèmes croissants de consommation de drogues injectables et de VIH/Sida dans les prisons et l’efficacité des traitements de substitution, la période pendant laquelle un prisonnier est incarcéré représente une occasion d’intervenir dans le cycle de l’utilisation de drogues et la criminalité, et réduire les méfaits de la drogue », fait-on comprendre dans les milieux autorisés.
À Maurice, selon les statistiques des Services des Prisons, environ 475 détenus sont sous traitement de méthadone. Depuis la mise sur pied de la Methadone Induction Unit en milieu carcéral en décembre 2011, 239 détenus ont été traités par induction, ce qui représente une première à Maurice. Le traitement de la méthadone ambitionne de contribuer à réduire les dommages et arrêter la propagation des maladies associées à la toxicomanie. Un soutien psychologique et des conseils pour encourager un changement comportemental et émotionnel constituent un volet important de l’ensemble du processus de traitement de la toxicomanie. Les interventions comportementales, les programmes de “counselling”, la formation des compétences cognitives et l’éducation sur les drogues sont autant d’éléments importants dans la stratégie visant à lutter contre la drogue.