Un des réseaux de trafic de drogue opérant sur l’axe Kenya/Maurice est actuellement en voie de démantèlement avec l’arrestation lundi de deux caïds internationaux alors qu’ils devaient embarquer à destination de Maurice à partir de Nairobi. Dans leurs bagages était dissimulé un kilo d’héroïne. Les responsables de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) à Maurice ont été immédiatement informés de ce coup de filet par les autorités kenyanes et une étroite collaboration a été établie entre Port-Louis et Nairobi dans une tentative de remonter la filière de ce trafic de drogue que ce soit en amont au Kenya ou en aval à Maurice. Pour cause, les deux suspects appréhendés et placés en détention policière au Kenya sont des trafiquants notoires recherchés en Afrique comme en Europe.
Faisant état de ce coup de filet, intervenu lundi soir au Jomo Kenyatta International Airport peu avant le départ du courrier à destination de Maurice, le quotidien du Kenya The Standard, rapportant les propos du chef du Criminal Investigation Department (CID) kenyan, situe l’enjeu de ces arrestations. Le Kenyan Victor Opiyo, alias John Ogutu, est actuellement recherché par les autorités allemandes pour des précédents délits de trafic de drogue. Une demande d’extradition a été logée par l’Allemagne contre lui et les procédures devant les instances judiciaires appropriées kenyanes sont en cours.
En sus de ces accusations de trafic de drogue en Allemagne, Victor Opiyo a été arrêté en trois occasions, soit le 9 janvier 2009, le 27 novembre 2010 et le 23 août dernier pour les mêmes délits. Il est actuellement en liberté provisoire après avoir fourni des cautions.
De son côté, les circonstances dans lesquelles le Canadien Jean-Pierre St-Laurent a été amputé d’une partie de sa main gauche confirment qu’il n’est pas un nouveau venu dans le trafic de drogue dans cette partie d’Afrique. Les autorités kenyanes ont obtenu confirmation que le bras gauche de ce Canadien avait été sectionné lors d’un règlement de comptes avec des membres du cartel de la drogue au Nigeria.
Jean-Pierre St-Laurent, qui avait prévu d’accompagner le Kenyan Opiyo à Maurice lundi, avait été accusé par le cartel nigérian de « double crossing » et a dû payer cette faute en perdant l’usage d’un bras. Il avait tenté de doubler les commanditaires d’une importante cargaison de drogue.
La collaboration de l’ADSU à Maurice a été sollicitée par les autorités kenyanes en vue d’identifier les contacts locaux qui devaient réceptionner cette cargaison d’héroïne. Des numéros de téléphones des contacts mauriciens se trouvant sur les deux suspects au Kenya ont été transmis à Port-Louis en vue de faciliter l’exercice de vérification à Maurice. Par ailleurs, les fichiers informatiques du Passport and Immigration Office (PIO) sont passés au crible en vue de vérifier si ces deux caïds de la drogue sur le continent africain auraient déjà effectué des déplacements à Maurice.
Du côté des Casernes centrales, l’on a confirmé au Mauricien, ce matin, que des échanges d’informations ont été initiés avec le Kenya après cette double arrestation dans le cadre de la coopération régionale dans la lutte contre trafic transfrontalier de drogue. Mais ces mêmes sources n’ont pas voulu s’exprimer sur d’éventuels développements par rapport aux contacts locaux, qui sont placés sous stricte surveillance de l’ADSU.
L’arrestation du Kenyan Opiyo et du Canadien St-Laurent fait suite à des pressions exercées par le gouvernement  kenyan pour un renforcement des mesures au principal point de transit du trafic de drogue en Afrique. C’est ce qu’indique la presse kenyane, qui ajoute que « the arrests came in the wake of pressure from the government on security agencies to tame the vice and especially stop traffickers from using Jomo Kenyatta International Airport as their transit point. Security has intensified at the airport to curb increasing incidents of trafficking of hard drugs ».