Le quinquagénaire était en partance pour Madagascar avec Rs 9 millions en dollars américains, dissimulées dans le double fond de son sac
Que voulait faire Bye Swaley Hosenally, 58 ans, avec 262 800 dollars américains, soit environ Rs 9 millions, cachés dans le double fond de son sac à main alors qu’il était en partance pour Madagascar ? Depuis hier après-midi, des enquêteurs de l’ADSU, menés par le surintendant Azima sous la supervision du Deputy Commisioner of Police, Choolun Bhojoo, ont lancé une enquête avec l’arrestation de ce dessinateur, habitant Quartier-Militaire, de même que de son épouse et sa soeur. L’ADSU souhaite d’abord confirmer ses soupçons que cette importante somme allait servir au financement d’une cargaison d’héroïne à Madagascar. Les autorités sont également préoccupées par l’envergure de ce trafic de devises avec la Banque de Maurice alertée au sujet des opérations illégales par des Money Changers et elles veulent également remonter aux commanditaires de ce réseau de trafic de drogue car la famille Hosenally est considérée comme étant « économiquement trop modeste » pour disposer de ces Rs 11 millions saisies lors des deux opérations de la police d’hier.
Selon nos recoupements d’informations, les hommes du Deputy Commissioner of Police Choolun Bhojoo étaient en possession d’intelligent information selon laquelle qu’un passager partant sur le vol MK 288 à destination de Madagascar, hier après-midi, transportait une grosse somme d’argent. Ces fonds devaient servir au financement d’une importante cargaison de drogue. Avec un premier exercice de profiling dans le hall de départ de l’aéroport de Plaisance, l’ADSU devait identifier le dessinateur de Quartier-Militaire, et ce malgré son allure d’homme ne se prêtant nullement au profil recherché.
Bye Swaley Hosenally se trouvait dans le Departure Lounge de l’aéroport, prêt à prendre son vol, quand une équipe de l’ADSU et des officiers de la Customs Anti-Narcotics Section de la Mauritius Revenue Authority (MRA) l’ont interpellé. Les soupçons de la police ont été confirmés quand des coupures de 100 et de 50 dollars, totalisant 262 800 dollars, ont été saisies dans son sac. Un peu plus tôt, le quinquagénaire avait déclaré au comptoir d’immigration qu’il avait sur lui que USD 500, soit Rs 17 845, et 100 000 ariary (argent malgache). Il a été conduit chez lui pour une perquisition en présence de son épouse Bibi Safeeda Sohawon, 56 ans. Une somme de Rs 1 158 500, en coupures de Rs 50, Rs 100 et de Rs 200, a été découverte dans un sac. Le couple a été emmené dans les locaux de l’ADSU aux Casernes centrales pour le décompte des billets de banque en leur présence.
Une heure après, la police s’est rendue chez Beebee Faeza Dilmohamud, la soeur de Bye Swaley Hosenally, qui réside à Marizot Road, Quartier-Militaire. Chez cette retraitée de 66 ans, les hommes de l’ADSU ont saisi Rs 1 010 750 et USD 5 000, soupçonnées de provenir d’un trafic de drogue.
Les trois suspects ont été interrogés dans la soirée d’hier. Mais à ce matin, rien de compromettant n’a été révélé au sujet de la provenance de ces fonds. Néanmoins, la police les soupçonne d’entretenir un lien avec des trafiquants de drogue, d’autant plus que Bye Swaley Hosenally et ses proches sont issus d’un milieu modeste et « ne peut donc acquérir autant d’argent légalement ».
Les enquêteurs ont saisi les cellulaires des suspects qui seront passés au crible pour déterminer les appels qu’ils ont effectués au cours de ces dernières semaines. En plus, les enquêteurs ont passé en revue le profile du couple, leurs fréquentations et se sont renseignés auprès du Passport and Immigration Office s’ils ont déjà voyagé dans le passé et sur leurs destinations. Parallèlement, les Casernes centrales veulent identifier la source de ces devises étrangères en dépit des règlements en vigueur. Les enquêteurs soupçonnent certains money changers d’être « des complices actifs » dans le trafic de drogue. En attendant de tirer au clair tous ces aspects, Bye Swaley Hosenally devait être traduit aujourd’hui devant le tribunal de Mahébourg où une inculpation provisoire de blanchiment d’argent sera logée contre lui. Son épouse et sa soeur, elles, devront comparaître devant le tribunal de Moka pour le même délit provisoire.