Après l’obtention d’un ordre de saisie en Cour suprême sur le cheval Black Parrot, les enquêteurs de l’Independent Commission against Corruption (ICAC) visent deux autres chevaux ayant couru pour le compte de Dade Azaree, dont l’un avec le nom de Navind Kistnah figurant sur le programme officiel du Mauritius Turf Club (MTC).
Hormis Black Parrot, les enquêteurs de l’ICAC ont obtenu des informations à l’effet que deux autres chevaux ont été acquis avec de l’argent du réseau de drogue de Peroumal Veeren. Les hommes de Navin Beekharry, directeur général de l’ICAC, tentent de remonter la piste de ces prête-noms et s’intéressent à l’acquisition de certains chevaux, l’année dernière, d’une écurie en particulier. Les enquêteurs de l’ICAC ont des doutes sur les propriétaires d’une dizaine de chevaux. Ils sont soupçonnés de les faire courir en leur nom alors qu’ils n’ont pas dépensé un sou pour leur acquisition. C’est le cas pour le cheval Black Parrot, dont Tony Riacca et sa compagne Natasha Caprice détenaient officiellement la totalité des parts. Dans ce contexte toutefois, l’ICAC estime que Natasha Caprice et son compagnon n’ont fait que suivre les instructions de Peroumal Veeren, qui a financé cet achat. L’argent a été remis à Tony Riacca par l’entremise d’Ivan Sandian, qui a été arrêté par la commission cette semaine. L’ICAC est convaincue que le trafiquant utilise les courses hippiques pour blanchir de l’argent, voyant plusieurs millions de roupies être investies au Champ de Mars.
Depuis quelques semaines, les enquêteurs ont débuté un gros travail d’investigation sur le train de vie de certains individus qui fréquentaient jusqu’à tout récemment les loges du Champ de Mars. C’est à travers ce procédé qu’ils ont appris que Tony Riacca, simple employé chez Sunshine Auto Ltd, louait un appartement de luxe dans le centre de Quatre-Bornes, avec un loyer mensuel frôlant les Rs 20 000. Parallèlement, l’ICAC s’intéresse à un employé du port, copropriétaire d’un cheval de course, qui s’est totalement éclipsé du Champ de Mars depuis l’éclatement de l’affaire sur la saisie de 157 kg d’héroïne dans le port. Souvent aperçu en compagnie de Dade Azaree l’année dernière rue Shakespeare les samedis, ce suspect sera bientôt convoqué pour des explications sur le financement d’une partie de ses biens. L’ICAC le soupçonne d’être un maillon du réseau de Peroumal Veeren.     
De son côté, l’Anti-Drug and Smuggling (ADSU) a interrogé Bibi Maitab Phutally, compagne de l’ex-garde chiourme Oumeshlall Ramsurrun, par rapport à l’aspect de blanchiment d’argent. Dans un premier temps, les hommes du Deputy Commissioner of Police Choolun Bhojoo et du surintendant Sharir Azima ont voulu obtenir des informations sur ses liens avec certains proches de Peroumal Veeren. Bibi Maitab Phutally a avancé qu’elle ne sait rien d’eux et dit ne pas comprendre le motif de sa convocation aux Casernes centrales, et ce bien que son nom soit mentionné dans des courriels échangés entre Christelle Bibi, ex-copine du caïd Veereen, et un autre suspect proche de son compagnon. Bibi Maitab Phutally a insisté sur le fait qu’elle ne sait rien du trafic de drogue, avançant qu’elle a gagné « beaucoup d’argent » lorsqu’elle travaillait comme « escort girl » en Europe. Elle a été autorisée à rentrer chez elle à ce stade de l’enquête, mais elle pourrait à nouveau être interrogée à l’avenir.
Par ailleurs, la police tente toujours de mettre la main sur Homunchul Ramdin, ex-partenaire de Navind Kistnah, qui aurait mis le cap sur Madagascar. Les enquêteurs ont questionné certains membres de sa famille pour savoir si le disparu aurait pris contact avec eux. Toutes les réponses obtenues sont négatives.