Le fils de Mireille avait tout pour être heureux. Issu d’une famille dite modèle et aisée, l’adolescent, élève d’une star school, avait devant lui un avenir prometteur tout tracé. Il a suffi d’une première bouffée de fumée d’une drogue synthétique, par curiosité et pour faire comme ses petits camarades, pour se retrouver en milieu psychiatrique.
Ce cas est loin d’être le premier ni le dernier. Cela n’étonne guère les ONG. Depuis plusieurs mois, ces principaux acteurs, très présents sur le terrain, constatent une augmentation des consommateurs de drogues. Les chiffres montent en flèche. Le fléau de la drogue atteint beaucoup de jeunes et, depuis peu, des enfants.
Recevoir un appel en pleine journée pour vous annoncer que son enfant a été retrouvé dans un état comateux alors que “je l’avais déposé en bonne santé le matin au collège”. L’emmener de toute urgence à la clinique et se faire “bombarder de questions” pour savoir s’il a des antécédents de consommation de drogue. Mireille, haut cadre dans une compagnie privée, ne s’attendait pas à voir sa vie basculer du jour au lendemain. L’année dernière, cette mère de famille a eu “le choc de [sa] vie” en découvrant que son fils, âgé de 16 ans, s’était mis à la drogue synthétique.
Une nouvelle difficile à accepter. “Nous sommes une famille sans histoire. On vit dans un bon quartier. Nous avons une vie stable et loin d’être modeste. Mes enfants n’ont pas de mauvaises fréquentations, ils n’ont jamais manqué de rien et nous avons toujours été à l’écoute. J’ai toujours pensé les avoir bien encadrés et éduqués pour ne pas finir ainsi”, nous confie Mireille, en plein désarroi.