Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a tenu à féliciter les organisateurs de cette conférence avant de dire qu’il est confiant que de tels événements sont susceptibles de contourner les effets adverses des abus de drogue. Il devait ajouter que quand il a pris le poste de Premier ministre, il a livré une bataille contre la drogue. « Yes, Mauritius is at war and it is a war that we must win and that we will win ». La situation était devenue, dit-il, « hors de contrôle » et le gouvernement a mis sur pied une commission d’enquête « en vue de comprendre les dessous du trafic et de lutter contre un fléau qui tue ». Pour cela, la NIU, la FIU, la MRA Customs, l’ICAC sont sur le pied de guerre, soutient-il. Une des retombées positives de cette bataille, dit-il, est que nombre de saisies importantes ont été effectuées.
Le chef du gouvernement réitérera à plusieurs reprises une politique de « zéro tolérance » contre les dealers. « Aujourd’hui, il y a bien plus de trafiquants devant nos Cours » et c’est bien à ceux-là qu’il entend livrer une guerre, « basée sur la compassion d’un côté pour les consommateurs et une tolérance zéro pour les trafiquants car ce sont les vrais criminels ».
Il a par ailleurs dit sa conviction que « nous devons soutenir la dignité des individus qui consomment de la drogue car ils sont pris dans cette situation. Ceux qui luttent contre la drogue doivent avoir un accès égal aux soins de santé ». Maurice, dit-il, « a une expérience positive dans l’acte de contenir la propagation du HIV avec notre programme de “harm reduction” ». Il a salué le travail abattu par les ONG et autres partenaires de cette lutte.
La drogue, dira encore le PM, a des conséquences sur la santé, la société et l’économie. « Nous devons unir nos efforts ». Pravind Jugnauth souligne en outre la coopération régionale accentuée qui a permis de traquer des Mauriciens dans d’autres pays, preuve selon lui de l’efficacité de cette collaboration avec les autres pays. « Nous espérons que notre politique de zéro tolérance aura un impact significatif sur le “harm reduction program” ». Le chef du gouvernement a finalement donné l’assurance que « la guerre contre la drogue ne prendra fin qu’une fois qu’elle aura été remportée ». Il a dit espérer recevoir des recommandations de la part des ONG et autres partenaires.
La conférence a été organisée par l’ONG CUT, qui estime qu’il est temps que Maurice fasse le point sur ce qu’elle veut atteindre comme objectif en termes de “harm reduction” et de son impact sur les vies humaines. Maurice, rappelle l’ONG, a été le premier pays en Afrique à démarrer des programmes de “harm reduction”. La conférence durera jusqu’à demain et reçoit la participation de Shaun Shelly, African and Middle Eastern representative on the strategic sub-committee for the International Drug Policy Consortium.