Demain, 1er mai, est censé être un jour de réjouissances pour les travailleurs, mais l’ambiance serait loin d’être à la fête au sein de la Corporation Nationale de Transport (CNT), particulièrement chez les conducteurs et les receveurs de la compagnie. En cause, selon un nouveau syndicat, c’est exactement ce jour-là que la direction de la compagnie a choisi pour imposer un barème de salaire applicable les jours de congé public qui va à l’encontre de ce que préconise leur Remuneration Order (RO).
Selon la National Transport Corporation Worker’s Union (NCTWPU), au lieu de se conformer à la loi en vigueur qui veut que les employés qui travaillent pendant un jour de congé public perçoivent l’équivalent de trois fois le salaire de base quotidien, la direction de la corporation a imposé un « package » de Rs 1 300 pour les conducteurs et de Rs 1 200 pour les receveurs. Le compte n’y est pas et le syndicat l’a fortement dénoncé lors d’une conférence de presse hier matin. « Toute rémunération qui se trouve être inférieure au salaire recommandé est nulle et non avenue aux termes de la section 4.3 (a) de la loi », proteste la NCTWPU.
Le syndicat, soulignons-le, est le septième qui s’est implanté au sein de la corporation nationale de transport depuis sa création vers la fin des années 1970. Bien qu’il ait pour conseil légal l’avocat Rama Valayden — membre actif du Parti travailliste —, selon son président, M. Vijay Bhantoo, et son secrétaire, M. Sombary Doss, ce syndicat soutient être « indépendant politiquement ». « C’est parce que les six autres syndicats ne donnent pas satisfaction que les travailleurs de la corporation ont adhéré en masse chez nous », prétend M. Sombary Doss. Cependant, toujours selon le secrétaire, « bien que le syndicat ait suivi toutes les procédures nécessaires pour obtenir son enregistrement auprès de l’Employment Relations Tribunal afin de pouvoir encaisser la contribution de ses membres d’après le système de check-off, la direction refuse toujours de signer l’accord prévu à cet effet, et nous allons devoir saisir le tribunal de nouveau pour avoir justice ». D’après les dirigeants de la NTCWPU, leurs adhérents seraient soumis à toutes sortes de pression, dont des « mesures disciplinaires à tout bout de champ, afin qu’il se retirent du syndicat ».
Le nouveau syndicat a profité de sa rencontre avec la presse pour exprimer sa position au sujet du projet Métro Express. « Bien sûr que nous ne sommes pas contre le développement et la modernisation, mais, au lieu du Métro Express qui sera polluant avec des possibilités d’usage initial du mazout, nous sommes pour le Rapid Bus Transit System avec des autobus à accordéon capable de transporter un grand nombre de personnes à la fois. L’autre option encore plus soucieuse de la préservation de l’environnement serait un Métro Express fonctionnant à l’énergie solaire renouvelable », déclare M. Sombary Doss. Le syndicat est d’avis que le gouvernement n’a pas encore tout dit à la population sur projet Métro Express.
Interrogé par Week-End, hier soir, le Directeur des ressources humaines de la CNT, M. Pradeep Kumar Pursun, a d’abord précisé que « la NTCWPU n’est pas un syndicat reconnu d’autant qu’il en existe déjà six autres au sein de la corporation », mais il a ensuite, « démenti que la CNT a imposé un quelconque package à la place de salaires recommandés par la loi ».