Lalit, un des membres du front No To Biotricks, contestant la prise des empreintes digitales pour les besoins de la nouvelle carte d’identité nationale, multiplie ses initiatives pour sensibiliser la population contre ce projet du gouvernement en cours d’exécution. Après la campagne de signatures de 25 Eminent Personalities, les dirigeants de Lalit ont décidé de solliciter la participation du leader de l’opposition, Paul Bérenger, dans leur campagne. Entre-temps, le Mauritius National Identity Card Scheme du Prime Minister’s Office, qui pilote le projet de la New ID Biometric Card, a décidé d’augmenter le nombre de centres de conversion afin de respecter le délai pour les enregistrements, la nouvelle carte d’identité devant entrer en vigueur en septembre prochain.
Dans une correspondance adressée officiellement au leader de l’opposition en début de semaine, Ram Seegobin souhaite voir une intensification de la campagne contre la nouvelle ID Card. D’entrée de jeu, il soutient que « we are aware that you have already taken position against this measure that represents a gross infringement of our democratic rights, under legislation that was voted in through devious procedures, while at the same time representing a totally inflated expenditure of public funds ».
Dans la conjoncture, l’une des préoccupations majeures de Lalit concerne les dépenses encourues à partir des fonds publics. Lalit demande à Paul Bérenger de soulever des questions par voie de Private Notice Questions ou de Parliamentary Questions à ce sujet. « The awarding of the project seems to have been a smoke screen to allow the Rs 1,1 billion to be shared out in a most questionable manner, at local level. In addition, payment is being made on a per card basis, as was established by the Prime Minister’s answer to opposition PQs ; this is provoking rather dubious forms of pressure on citizens », fait ressortir Ram Seegobin dans la lettre à Paul Bérenger.
Partageant ses informations avec le leader du MMM, Lalit ajoute que « we have now become aware that the Rs 1,1 billion of public funds that the project represents seems to be being spent in a most opaque fashion : the person in charge of the project receives his pay from the PMO ; in the so-called conversion centres, there is a mixture of civil servants and private individuals, and the buildings are (at least in some places) rented ; the hardware and software elements of the project seem to be provided by unknown mauritian company or companies ».
Ram Seegobin fait également état des trois procès constitutionnels logés en Cour suprême contestant les dispositions de la nouvelle carte d’identité nationale et évoque la campagne d’affiches de Lalit sur le thème « pa bizin donn lanprint gouvernman ». Il avance qu’il est impérieux d’informer la population car il n’y a aucun empressement vu que l’échéance n’interviendra qu’en septembre prochain.
De son côté, le Mauritius National Identity Card Scheme compte mettre les bouchées doubles pour boucler l’exercice de migration vers la nouvelle carte d’identité nationale dans les délais prescrits avec l’entrée en vigueur annoncée pour septembre prochain. Ainsi, de nouveaux centres de conversion seront ouverts en vue de faciliter la tâche des Mauriciens. La semaine prochaine, un nouveau centre sera inauguré dans le centre de Triolet et un autre est envisagé dans l’enceinte de la municipalité de Curepipe. A Port-Louis, la possibilité d’opérer un centre exclusivement consacré à l’octroi des nouvelles cartes d’identité nationale à l’intention des fonctionnaires est à l’étude.
Dans l’immédiat, l’objectif du MNICS est d’atteindre la barre des 300 000 Biometric ID Cards d’ici au 15 mars prochain. A la fin de la semaine dernière, les procédures pour quelque 200 000 cartes étaient déjà complétées alors que le rythme de visiteurs dans les différents centres de conversion est passé à quelque 4 500 par jour contre 2 500 à la mi-février. Les responsables du projet anticipent une accélération du nombre de demandes de nouvelles cartes au fur et à mesure que l’échéance se rapprochera.