L’Assemblée générale annuelle tant attendue par les membres de la Mauritius Society of Authors (MASA) n’a pas donné les résultats escomptés. Selon un groupe d’artistes, qui a animé un point de presse ce matin, plusieurs de leurs requêtes sont restées lettres mortes, ce qui les a poussés à présenter une motion pour réclamer la dissolution du board. Mais celle-ci devait être rejetée car elle n’était pas inscrite à l’agenda. Les contestataires ne comptent pas baisser les bras et ont pris contact avec un homme de loi pour décider de la marche à suivre.
« L’assemblée générale est l’instance suprême de toute association où les membres ont leur mot à dire et où les décisions importantes sont prises. Toutefois, nous constatons que la MASA est devenue une institution où on fait fi des requêtes des artistes. » Ces en ces termes que Jean-Jacques Arjoon exprime le ras-le-bol des artistes par rapport à la situation à la MASA.
Pour Michael Veeraragoo, le mécontentement vient du fait que les membres ont été élus selon un programme et qu’à ce jour, ils n’ont pu donner satisfaction. « Nous avions voté pour eux pour avoir plus de transparence et une meilleure gestion de la société, entre autres, mais après 24 mois rien n’a avancé. »
Jean-Jacques Arjoon dénonce, lui, le manque de response du board envers les artistes. Il cite en exemple une lettre signée par une quinzaine de membres pour demander des éclaircissements sur certaines allégations à la société. « Mais le board n’a pas jugé bon de revenir vers eux. Cela représente un manque de respect vis-à-vis de gros contribuables. »
Revenant sur la motion rejetée, Jean-Jacques Arjoon se demande si le board a le droit moral de continuer à fonctionner alors que les membres ont demandé leur révocation.
Le conseil d’administration de la MASA est constitué de six membres élus et de représentants de plusieurs ministères. La présidente, elle, a été nommée par le ministère des Arts et de la Culture. Ce qui pousse Jean-Jacques Arjoon à inviter le ministre de tutelle, Mookhesswur Choonee, à « assumer ses responsabilités envers la MASA ou à présenter sa démission. »
Dans le même souffle, il se demande ce qu’il est advenu de la grille des nouveaux tarifs pour l’utilisation commerciale des créations, qui avait été envoyée au ministère pour être avalisée. « C’est la responsabilité du ministère de veiller à ce que le travail des créateurs soit protégé. »
Jean-Jacques Arjoon rappelle également que le ministre Choonee avait promis de redéployer certains membres du personnel de la MASA dans d’autres corps para-étatiques afin d’alléger les dépenses administratives de la société.
Les artistes réclament ainsi l’autonomie de la MASA, afin d’avoir plus de liberté de gérer leurs droits. « Nous sommes dans un système où la voix des membres n’est pas prise en considération. »
Sollicitée par Le Mauricien sur la question, Meera Mohun, présidente de la MASA, déclare : « Je respecte le droit des artistes d’exprimer leurs insatisfactions, particulièrement en ce qui concerne ceux qu’ils ont élus. Toutefois, je dois préciser qu’il y a certaines procédures à respecter. C’est pour cela que nous demandons aux membres de nous faire parvenir leurs questions à l’avance, afin que nous puissions chercher les éléments de réponse. Particulièrement, s’agissant de chiffres, il nous faut faire très attention. »