La réunion entre les artistes et les membres de la MASA hier a duré plus de deux heures. Après avoir tourné en rond sur les mêmes sujets, un compromis a été trouvé : les membres élus ont six mois pour régler le problème des royalties. Autrement, ils ont promis de soumettre leur démission.
« C’est la cacophonie », ont déclaré la majorité des artistes quittant la salle de réunion de la Mauritius Society of Authors (MASA) hier. Alors que tous voulaient s’exprimer, les mêmes sujets revenaient sur le tapis à plusieurs reprises. Cette rencontre a été animée par la présidente de la MASA Meera Mohun, les membres élus – Mario Armel, Jean-Claude Barbier, Richard Hein, Arno Calou et Paul Raya – et deux fonctionnaires, membres du board. Pendant plus de deux heures, ils ont essayé d’expliquer aux artistes pourquoi les royalties qui leur ont été versés sont inférieurs aux années précédentes.
Il n’a toutefois pas été facile de ramener les mécontents à la raison. Qui plus est, les artistes n’ont pas apprécié que les journalistes aient été interdits d’accès à la salle, en raison du caractère privé de la réunion, alors que cinq membres de la force policière étaient eux, bien présents. « Si cette réunion est privée, les policiers n’ont rien à faire ici », laisse entendre Ras Mayul.
Une cinquantaine d’artistes étaient présents à la réunion. Ils n’ont pas manqué de rappeler aux membres élus qu’ils avaient promis la transparence. Ces derniers ont expliqué qu’un système sera mis en place en 2013 et que tous les membres pourront avoir accès aux finances de la MASA.
Ras Natty Baby est l’un des premiers à quitter la salle. Selon lui, on tourne en rond. « J’ai dit ce que j’avais à dire. Je réclame la mise à plat de la société. Il nous faut des personnes compétentes pour faire ce travail. Qui plus est, il y a un manque de communication entre le board, le personnel et les membres. »
Comme d’autres, Ras Natty Baby se montre très critique envers les radios qui, dit-il, ne respectent pas la déclaration des oeuvres utilisées. « Chaque animateur doit avoir une liste des chansons qu’il a programmées. Il y a un tarif à payer pour cela. Malheureusement, les radios ne jouent pas le jeu. »
Le chanteur réclame également un quota pour la diffusion de la musique mauricienne sur les ondes. « Tel que c’est actuellement, tout l’argent va pour les artistes étrangers. »
Sylvan Attock, interprète de la chanson See Foo, quitte la salle à son tour. « Nou ti fer renion enba pye pou met MASA dibout. Zordi kouma dir MASA pou zot », peste-t-il à l’égard du board et du personnel de la MASA.
Toute la scène se passe en présence de JM, artiste réunionnais accompagnant la chanteuse Eldiana, avec qui il a enregistré un duo. « Chez nous, la SACEM envoie notre chèque par voie postale. Il y a aussi une fiche avec tous les détails de ce paiement. Par exemple, sur quelles radios nos chansons ont été diffusées, combien ont-elles payé et ainsi de suite. »
À la fin de la réunion, aucune solution n’a été trouvée aux frustrations générées par le paiement des royalties. Le board a toutefois accepté de se réunir en urgence aujourd’hui, pour revoir le cas de quelques artistes dans le besoin. « Nous allons voir comment nous pourrons leur verser une somme d’argent, tout en restant dans la légalité », explique Meera Mohun. Elle se dit également triste qu’on en soit arrivé là, à cette période de l’année. « Je peux comprendre qu’ils soient mécontents, mais nous devons faire les choses dans la légalité », poursuit-elle.
Comme les artistes, Meera Mohun reconnaît que les radios, particulièrement les privées, ne font pas suffisamment d’efforts pour déclarer les chansons diffusées. « Souvent, leurs log sheets sont incomplets. Cela rend notre travail difficile. Et lorsqu’un artiste entend sa chanson à la radio, il s’attend à être payé, malheureusement, nous n’avons pas les détails de cette diffusion à la MASA. »
Meera Mohun avance que des discussions seront entamées avec les responsables des radios au début de 2013 pour clarifier la situation. Des artistes, animateurs de radio, ont aussi pris l’engagement de sensibiliser leurs collègues à ce sujet.
Malgré ces explications, les artistes maintiennent leur demande pour une assemblée générale extraordinaire. « Ils ont dit de leur accorder six mois, nous voulons qu’ils viennent le répéter à l’assemblée générale pour que ce soit officiel », explique pour sa part Michael Veeraragoo.