Jean-Clément Cangy prend ses distances avec l’Institute for Consumer Protection. Le porte-parole de l’organisation explique sa décision par le fait qu’il travaille sur l’écriture d’un livre consacré au séga. Il dit avoir passé deux années enrichissantes au service des consommateurs.
« J’ai décidé de me retirer de l’ICP afin d’être plus proche d’un ouvrage sur l’histoire du séga, qui n’a pu paraître cette année. Je vais donc m’atteler à cette tâche l’année prochaine et j’espère que ce livre pourra donc sortir d’ici fin juin 2012. Cependant, je ne regrette rien de ces deux années où je me suis mis au service des consommateurs et de l’ICP. » C’est en ces termes que Jean-Clément Cangy explique sa décision de quitter l’Institute for Consumer Protection (ICP), où il agissait comme porte-parole, en l’absence de Yousouf Jhugroo, le directeur.
Jean-Clément Cangy, dont l’intérêt pour la culture et l’histoire est connu, se remet à l’écriture, après Ruelle de bonne espérance, sorti en 2009. « Ce nouveau livre portant sur le séga, touche à un des fondements de notre patrimoine culturel pluriel. Il a pour vocation première de mettre en lumière et en valeur, tant le séga que les ségatiers et ségatières. Il raconte l’étonnante histoire du séga dans toutes ses dimensions, depuis son émergence ancestrale jusqu’à son déploiement actuel, depuis l’esclavage jusqu’à nos jours », explique l’auteur.
Pour la réalisation, Jean-Clément Cangy a mené des recherches et rencontré des personnes concernées par le sujet, afin de remonter le fil de l’histoire du séga jusqu’à l’esclavage. Le livre témoignera de l’évolution du séga, en tant que musique, mais en même temps, de la langue kreol, étroitement associée. « Dans cette perspective, après avoir rappelé ses origines séculaires qui s’enracinent au coeur de la période de l’esclavage, nous retracerons son cheminement au cours des décennies passées, pour nous placer finalement aujourd’hui, entre traditions et modernité, au sein d’un melting pot enchanteur et foisonnant, où le séga originel s’interféconde avec des influences musicales aux multiples horizons. »
Jean-Clément Cangy a profité de ses deux années au conseil d’administration de la Mauritius Society of Authors (MASA) pour rencontrer des personnalités du séga, telles Serge Lebrasse, Jean-Claude Gaspard, Cyril Labonne, parmi d’autres. « J’ai été agréablement surpris par leur collaboration. Certains m’ont même donné leurs manuscrits sur lesquels j’ai travaillé. »
En dix chapitres, l’auteur retracera l’histoire de cette musique, qu’il dit avoir un bel avenir. « Mon seul regret est qu’il n’y a pas une chorégraphie appropriée pour le séga. Chacun fait un peu n’importe comment. »
Parlant de ses relations avec l’ICP, Jean-Clément Cangy rassure qu’il quitte l’association sur une bonne note. « Je n’ai aucun problème avec l’ICP. Je me suis simplement rendu compte que je m’étais éparpillé. Il fallait que je me consacre davantage à l’écriture de ce livre. »
S’exprimant sur la protection des droits des consommateurs en général, le porte-parole de l’ICP est d’avis que trois associations avec le même objectif, c’est trop pour un pays comme Maurice. Il aurait préféré voir une concertation des efforts, avec en amont, un plus grand soutien des consommateurs eux-mêmes.