« Government recognizes that […] equal opportunity to participate in development is a prerequisite to nation building. Having said that, the challenges faced by people with disabilities and their families are numerous », écrit Disabled Peoples Organisations (DPO) Mauritius, dans son rapport qui sera soumis le 27 octobre au Conseil des Droits de l’Homme, à Genève, lors de l’Examen périodique universel, où l’on passe en revue le bilan de chaque pays membre de l’ONU en matière de droits humains. Dans ce rapport, la vingtaine d’ONG de DPO Mauritius tirent la sonnette d’alarme sur les lacunes en termes de droits des handicapés à Maurice et plaident pour que des réserves émises par le gouvernement dans le UNCRPD soient enlevées. Ces réserves, selon DPO Mauritius, « demonstrate the widespread exclusion » des personnes handicapées.
L’Examen périodique universel (EPU) est un mécanisme utilisé par le Conseil des Droits de l’Homme (Nations unies) pour passer en revue, chaque cinq ans, le bilan de chacun des 192 États membres de l’ONU en matière de droits humains au regard de ses engagements et obligations en la matière. Le but étant par là même d’améliorer la situation dans le domaine dans ces pays. Le cas de Maurice sera examiné le 27 octobre prochain. Pour Ferozia Hosaneea, secrétaire général de DPO Mauritius, au niveau des droits des handicapés à Maurice, « il existe plusieurs problèmes ». En février 2013, indique-t-elle, « deux consultants de Disabled People International sont venus animer un atelier de travail au cours duquel vingt ONG de DPO Mauritius ont travaillé sur cinq recommandations à être soumises lors de l’EPU ».
Dans le rapport devant être soumis, DPO Mauritius souligne que « while there is on paper a legal framework protecting rights of persons with disabilities, their inclusion in all areas of life remains low ». Selon les ONG signataires du rapport, « malheureusement, la Constitution de Maurice restreint le droit des personnes handicapées au vote et à l’élection ». Les ONG citent l’expression « persons of unsound mind » figurant dans la Constitution et qui leur semble « dépassée ». Elles disent regretter que lorsque le gouvernement avait préparé la Disability Act, il n’y eut pas de consultations avec les personnes concernées et les organisations les représentant.
Le rapport souligne que très souvent, les personnes avec handicap sont méprisées par la société par manque d’information. D’où les recommandations faites dans le rapport pour que davantage de campagnes aident à promouvoir la reconnaissance des talents et potentiels de ces personnes, ce qui aidera parallèlement à promouvoir leur employabilité et leur dignité. Par ailleurs, écrit DPO Mauritius, ce groupe de personnes souffrent d’un cruel manque d’accessibilité à travers l’île. Selon le rapport, elles sont privées d’opportunités dans plusieurs domaines : éducation, emploi, sports, service public, transport, communication et information. « One does not need to look far for examples : the public buses are inaccessible and most schools are two-storeys high with stairs […] ». De telles situations, fait ressortir le rapport, empêchent ces personnes d’être autonomes. Les signataires recommandent que la Building Act au sujet de l’accessibilité des handicapés aux bâtiments soit mise en oeuvre in toto et des amendes sévères imposées à ceux qui ne s’y soumettent pas.
Grande discrimination
Au chapitre de l’éducation, DPO Mauritius regrette que l’éducation inclusive n’existe pas et que les enfants avec handicap doivent se rendre dans des écoles spécialisées. Et de mettre en relief : « L’éducation est censée être gratuite pour tous les enfants mauriciens mais tel n’est pas le cas pour les enfants avec handicap. Les enfants n’ayant pas de handicap se rendent dans les écoles de leur endroit. Ceux avec handicap doivent faire de longs trajets pour se rendre dans des écoles spécialisées. Et, si le transport est gratuit pour les personnes handicapées, tel n’est pas le cas pour les parents qui les accompagnent. Ceux-ci doivent payer leur transport. Il y a une grande discrimination au niveau de l’éducation. Un budget est alloué aux ONG. Mais, bien souvent, ce n’est pas suffisant et les parents doivent subir le coût. » DPO Mauritius déplore par ailleurs qu’il y ait de plus en plus d’écoles spécialisées, ce qui va à l’encontre, selon elle, de l’idée d’intégration. Le rapport demande que le gouvernement enlève les réserves dans le CRPD (Convention on the Right of Disabled Person) et « provide for inclusive, quality and free primary and secondary education to children with disabilities on an equal basis with other children ».
S’agissant de la protection de ce groupe de personnes contre tout abus et violence, le rapport estime que le système de protection est « faible » et que « des effective and urgent response mechanisms » font cruellement défaut. Le gouvernement doit, relève le rapport, « make strict legislation and undertake programmes to prevent abuse ». Et, s’il s’avère qu’une institution ne présente pas suffisamment de sécurité pour ces personnes, « le gouvernement doit initier des mesures strictes et la fermer ».
Au niveau de l’emploi, le rapport souligne le fait que les secteurs vers lesquels l’on a jusqu’ici encouragé les personnes handicapées sont trop limités. « Ces personnes ne sont pas juste capables dans l’artisanat », fait voir Ferozia Hosaneea. Il y a lieu, selon elle, d’élargir l’éventail des propositions. Et, pour cela, une éducation de qualité est de mise dès le départ. Le rapport recommande entre autres que l’État « should safeguard and promote the realisation of the right to work ensuring that the 3 % of persons with disabilities are included at work in all sectors public and private ».