Le ministre du Travail a fait, ce matin à Réduit, une virulente sortie contre certains syndicalistes. Critiquant le Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) qui a refusé de signer le Decent Work Country Programme (DWCP), Shakeel Mohamed n’a pas hésité à déclarer que « tout sera mis en place pour permettre aux autorités compétentes d’aller de l’avant avec les propositions du gouvernement ».
« Ena dimounn kapav mett diaman, lor, dan zot lamain, zot pa pou konpran », a lancé le ministre du Travail à l’encontre de certains syndicalistes, en particulier ceux de la CTSP qui ont refusé la signature du DWCP du Bureau international du travail. Shakeel Mohamed intervenait ce matin à Réduit lors d’un atelier de travail sur le « Trade Unionism, Collective Bargaining and Decent Work » organisé par le Mauritius Trade Union Congress (MTUC) en collaboration avec la Wastewater Management Authority (WMA) et la University of Mauritius Staff Union (UMSU).
Le ministre a profité de l’occasion pour expliquer les grandes lignes du DWCP. Rappelant le retard accumulé par Maurice dans les droits des travailleurs, Shakeel Mohamed a assuré que le gouvernement oeuvre en faveur de l’adoption rapide des mesures concrètes en faveur de ce programme. Il a indiqué que le DWCP permettra aux travailleurs non syndiqués d’entamer des négociations avec le patronat.
La CTSP ne partage cependant pas cet avis sur l’adoption du DWCP. Pour elle, les mesures proposées sont en faveur du patronat. D’où son refus de signer cet accord. Cette attitude est qualifiée de « choquante » par le ministre du Travail qui assure que « cela ne sera pas un obstacle pour que cette loi devienne une réalité. Le BIT nous a fait comprendre qu’il était possible d’adopter le DWCP même si le CTSP n’est pas en faveur du programme ».
Soulignant l’importance du regroupement des travailleurs en syndicat, Shakeel Mohamed a indiqué que seuls 20 % des travailleurs sont syndiqués. L’Organisation Internationale du Travail (OIT), a poursuivi le ministre, a d’ailleurs fait part de la nécessité de la formation. D’où, dit-il, la proposition de textes de lois qui permettront aux travailleurs non syndiqués de participer à un collective agreement. Cette mesure leur offrira la possibilité d’engager des négociations sans les syndicats.
« Dapre sa bann mem syndikalis-la, bizin atann ki sa 80 % lamass travayer la syndike pou ki zot gagn drwa ! » a lancé le ministre. « Les lois sont régies par le BIT et syndicats pe trouv seki BIT pe propoze pa bon ! » Shakeel Mohamed a aussi déploré l’attitude de la CTSP, dont l’un des membres souhaitait participer à une des conférences de l’OIT à Genève à ses propres frais.
Dewan Quedou, président du MTUC, a pour sa part demandé au ministre d’apporter des révisions au Trade Union Trust Fund et de veiller à l’adoption du Procedure Agreement dans toutes les entreprises du pays. « Il y va de la survie du syndicalisme et du respect des droits des travailleurs », a-t-il soutenu. Pursud Gunputh, du département de loi de l’Université de Maurice a, lui, rappelé l’importance du dialogue et de la communication autour des lois.