Ce mercredi, l’organisation non-gouvernementale (ONG) Parapli Rouz annoncera les grandes lignes d’un forum sur le travail du sexe à Maurice qui se tiendra le 27 novembre et aura pour thème Legal, Health and Socio-Economic Issues. Le mouvement Parapli Rouz, qui défend les droits humains des travailleurs du sexe à Maurice, dit vouloir ouvrir un dialogue national sur les politiques de ce sujet. Alors que le plaidoyer pour le respect des droits humains des travailleurs du sexe est loin d’être constant, Sophie Montocchio, coordinatrice de Parapli Rouz et collaboratrice auprès de l’ONG Chrysalide qui chapeaute le mouvement, affirme que les concernés sont de moins en moins victimes de violence. Selon elle, la marche annuelle des parapluies rouges à Maurice en est pour quelque chose! Non tenue l’année dernière, cette marche sera rééditée en décembre prochain.
Quels sont les objectifs de ce forum qui sera suivi de la marche des parapluies rouges?
Ce forum, qui s’inscrit effectivement dans le contexte de la marche des parapluies rouges, lancera le débat que nous avions annoncé depuis longtemps sur le travail du sexe. Cependant, nous attendons ce mercredi où le mouvement fera une conférence de presse pour en dire davantage. L’année dernière, il n’y a pas eu de marche. En gardant l’esprit des objectifs de la marche, nous avons préféré oeuvrer avec les travailleuses du sexe que de faire de la médiatisation et tout un fla fla! Nous avons, entre autres, renforcé leur capacité de compréhension de leurs droits, nous leur avons donné des informations sur les prérogatives de la police quand elle intervient auprès des travailleuses du sexe. Nos activités ont pris fin avec la fête du travail, le 1er mai, que nous avons aussi célébré au jardin de la Compagnie.
Qu’entendez-vous par « fla fla » lorsqu’il s’agit d’une telle activité, d’autant que vraisemblablement votre plaidoyer est annuel?
Ce sont les activités que nous n’avions pu organiser à cause des contraintes rencontrées l’année dernière. On ne peut tout faire! Aussi, nous étions limités en terme de ressources tant humaines que financières (…) Tout ce que nous faisons n’a pas besoin d’être médiatiser! Il y a plusieurs activités sur une année. Parapluies rouges en est un complément.
Chrysalide renouvelle la marche des parapluies rouges cette année. Quel a été l’impact des précédentes éditions?
Nous sommes à la 4e édition de la marche. Depuis, notre réseau a grandi, d’autres ONG locales se sont ralliées à nous. Nous avons développé un réseau élargi sur le plan régional et mondial avec notamment l’African Sex Workers Alliance et le Network of Sex Workers Project, et noué des contacts avec d’autres mouvements parapluies rouges en Namibie et au Botswana. Entre-temps, les groupes de discussions ont pris de l’importance en s’ouvrant à d’autres femmes.
Le bilan du mouvement, en considérant les travailleuses du sexe?
Faire un bilan prend du temps. Mais déjà, nous pouvons dire que par rapport à d’autres pays, Maurice peut se targuer d’un bilan positif. D’autre part, il revient que les travailleuses du sexe sur Port-Louis sont de moins en moins victimes de violence policière…
—Justement, en quoi la situation des travailleuses du sexe a changé depuis la première marche en 2010?
Il y a de moins en moins de filles dans les rues. Le fait qu’elles ne soient plus aussi visibles laisse comprendre qu’elles sont protégées de la violence.
— Comment?
Par exemple, celles qui travaillent par téléphone ont des clients réguliers qu’elles connaissent. Elles sont moins exposées à la violence que si elles travaillent dans la rue sous l’emprise d’une filière. Par ailleurs, celles qui opèrent dans des lieux comme des salons de massage peuvent compter sur d’autres femmes qui sont sur place si quelque chose dérape.
— En marge des parapluies rouges, qui sont ceux qui vont s’associer à Chrysalide pour l’organisation du forum du 27?
Des ONG à l’instar de PILS, le National Aids Secretariat, la National Aids Unit, les femmes concernées elles-mêmes…
— Profiterez-vous du forum pour relancer votre demande de décriminaliser la prostitution, comme vous l’avez fait l’année dernière (ndlr: voir Week-End de janvier 2012)?
Nous n’avons jamais demandé la dépénalisation de la prostitution! Par contre, nous avons posé la question de savoir si cela est la meilleure solution ou pas pour Maurice. Nous voulions encourager la réflexion sur ce sujet. Mais quant à plaidoyer pour la dépénalisation, non!