Le directeur de l’association DIS-MOI (Droits humains Océan Indien), Lyndley Couronne, a annoncé pour bientôt une formation avancée aux droits humains et à la citoyenneté. C’était samedi à la municipalité de Beau-Bassin–Rose-Hill lors du lancement officiel d’une 2e formation initiale. DIS-MOI est une nouvelle organisation s’occupant de la promotion des droits humains dans la région du sud-ouest de l’océan Indien.
« Après le projet pilote et cette 2e formation initiale aux droits humains et à la citoyenneté, nous sommes heureux d’annoncer pour bientôt des cours avancés sur le même sujet », a annoncé Lindley Couronne, en présence, entre autres, du maire de Beau-Bassin–Rose-Hill, Racheed Daureeawoo, de Brian Glover, le Président de l’Equal Opportunities Commission, d’Aarthi Burtony, présidente de DIS-MOI, du dramaturge Henri Favory, des stagiaires et de Fani Razanatovo, assistante de recherches chez DIS-MOI et qui était la maîtresse de cérémonie.
Lyndley Couronne a rappelé que DIS-MOI est une jeune organisation qui s’est donnée pour mission de s’assurer que les droits humains soient respectés dans la région du sud-ouest de l’océan Indien et que les citoyens connaissent leurs droits et responsabilités. « DIS-MOI est là pour leur rappeler leurs devoirs et responsabilités envers leurs citoyens en ce qui concerne les droits humains. Les droits humains sont un outil nous permettant de mieux comprendre la société dans laquelle nous vivons », a-t-il expliqué. « Nous faisons également des plaidoyers (“advocacy”) auprès des autorités concernées pour leur dire que nous sommes d’accord ou pas avec les décisions prises. Pour cela? nous comptons beaucoup sur la pression de l’opinion publique », a-t-il poursuivi.
Dans ce contexte, le directeur de DIS-MOI s’est félicité d’une des réalisations du gouvernement PTr – PMSD : l’institution de l’Equal Opportunities Commission (EOC), dont le président, Brian Glover, était présent. « Il faut le dire : c’est un pas en avant ! » s’est-il réjoui.
Élaborant sur les objectifs de cette formation (voir encadré), Lyndley Couronne a expliqué que cette dernière a trois objectifs : faire prendre conscience aux participants de leurs droits, devoirs et responsabilités en tant que citoyens, leur faire prendre conscience de la nature pluriculturelle de leur société et les armer pour qu’ils s’ouvrent à la culture des autres et, enfin, leur donner une conscience écologique respectueuse de l’environnement. « En somme, nous voulons qu’ils soient des citoyens du monde ! » a-t-il précisé.
Brian Clover a, pour sa part, félicité les responsables de DIS-MOI pour leur volonté à vouloir changer les choses malgré le pessimisme ambiant. « Un citoyen qui ne se forme pas et ne s’informe pas est un citoyen qui est en exil dans son propre pays », a-t-il affirmé.
Le président de l’EOC a expliqué que si le centre de décision économique n’est pas facilement accessible au commun des mortels, le centre de décision politique est en revanche ouvert à tous. « Dans ce sens, faire de la politique, c’est faire avancer la société dans laquelle on vit », a-t-il argué. « C’est dans ce contexte que l’EOC renforce la lutte contre la discrimination et fait la promotion de l’égalité des chances », a-t-il ajouté.
Brian Glover a expliqué que pour qu’une nouvelle loi, comme celle contre les discriminations, intègre les moeurs de la société, il faut trois types de volonté : populaire, institutionnelle et politique. « Il faut comprendre que c’est la volonté populaire (à travers l’éducation et la formation) qui fait fléchir la volonté politique, et non l’inverse, comme on a tendance à le croire. Quand le peuple bouge, la politique suit ! » a-t-il insisté.
Le maire de BB-RH a de son côté plaidé pour que les citoyens prennent conscience de leurs responsabilités et devoirs envers la société, et non seulement de leurs droits. Aarthi Burtony, la présidente de DIS-MOI, qui est non-voyante, a plaidé pour une plus grande intégration des handicapés dans la société et pour le respect de leurs droits.