La Cour africaine des Droits de l’homme et des peuples a organisé un atelier de travail lundi à Maurice en vue de sensibiliser les organisations des droits humains dans l’île sur le fonctionnement de cette instance. Celle-ci est appelée à jouer un rôle important dans la protection des droits humains en Afrique.
Le vice-président de la Cour africaine, le juge Fatsah Ouguergouz, a déclaré qu’il ne faut ni sous-estimer ni surestimer le rôle de cette instance en matière de protection des droits humains. « La Cour, seule, ne pourra pas faire grand-chose. Elle est appelée à travailler avec un certain nombre d’acteurs que sont les États, à travers les gouvernements, la société civile, les ONG, les organisations syndicales et les différentes congrégations religieuses, le corps judiciaire ainsi que les membres du barreau », soutient-il.
Selon lui, cette Cour africaine est une graine qui porte en elle le germe de l’espoir d’une belle plante mais elle a besoin d’un sol fertile pour qu’elle puisse s’épanouir, donnant sens à un organe judiciaire continental. « Ce sol fertile, c’est vous », a-t-il dit, à l’intention des membres du barreau mauricien et de la société civile et des fonctionnaires présents à cet atelier. Jusqu’ici, la Cour africaine des Droits de l’homme et des peuples a reçu 22 cas et trois requêtes pour des opinions. Elle est présidée par la juge Sophia Akuffo. Deux auditions publiques sont prévues jeudi et vendredi.
Cette Cour a été créée en vertu du Protocole relatif à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, adopté le 9 juin 1998 au Burkina Faso et entré en vigueur le 25 janvier 2004. Depuis cette date, seuls 26 États membres sur les 54 que compte l’Union africaine l’ont ratifié. Ces pays sont : l’Algérie, le Burkina Faso, le Burundi, la Côte d’Ivoire, les Comores, le Congo, le Gabon, la Gambie, le Ghana, le Kenya, la Libye, le Lesotho, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, l’île Maurice, le Mozambique, le Nigeria, le Niger, l’Ouganda, le Rwanda, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, le Togo et la Tunisie.
Maurice est le treizième pays à être visité par la Cour africaine dans le cadre de ses activités promotionnelles et Port-Louis, la troisième capitale où la Cour africaine tient une séance en dehors de son siège à Arusha, après Dar-es-Salaam en Tanzanie et Accra au Ghana. Plusieurs autres séminaires sont prévus dans d’autres pays africains. La Cour africaine a été créée par les pays africains dans le but d’assurer la protection des droits de l’homme et des peuples, des libertés et des devoirs en Afrique. Elle renforce les fonctions de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.