L’ancien directeur de l’antenne mauricienne d’Amnesty International Lindley Couronne lance une nouvelle organisation de défense des droits humains : « DIS-MOI — Droits humaInS — Maurice/Océan Indien ». Il explique au Mauricien que la nouvelle ONG ambitionne de promouvoir une culture des droits humains dans les pays de la région du sud-ouest de l’océan Indien, notamment à Maurice, Rodrigues, Madagascar, les Comores et aux Seychelles.
« Au niveau du sud-ouest de l’océan indien, cette problématique des droits humains demeure étrangère pour bon nombre de sociétés. S’il est vrai qu’à Maurice, à travers l’action entreprise par Amnesty International durant cette dernière décennie, une conscience citoyenne a commencé à se développer, la plupart des populations des autres îles (les Comores, Madagascar et les Seychelles) demeurent dans l’ignorance des principaux enjeux des droits humains », déplore Lindley Couronne dans une déclaration au Mauricien.
Selon le promoteur du projet, la mise en place récente de coopération entre les îles de l’océan Indien (à travers la Commission de l’océan Indien, notamment) témoigne de la volonté politique d’une intégration économique et d’une gestion de l’environnement communes. « Cette nouvelle dynamique de l’espace océan Indien sera appelée à se développer durant les prochaines décennies et dans ce contexte, l’élaboration (dans certains cas) ou la consolidation (en ce qui concerne d’autres États riverains de l’océan Indien) d’une politique d’éducation des droits humains et d’éducation à la citoyenneté seront fondamentales pour que l’espace océan Indien soit avant tout un espace démocratique, où les droits humains sont respectés, c’est-à-dire, que les citoyens de ces îles considèrent que les hommes et les femmes sont différents mais égaux, que les enfants soient considérés comme une population vulnérable, que les travailleurs migrants soient respectés en tant qu’êtres humains et non pas exploités outrancièrement, que les droits des handicapés soient clairement intégrés dans la législation, que la population LGBT (lesbian, gay, bisexual, transgender) ne soit pas regardée avec mépris, mais soit considérée comme des êtres humains avec une orientation sexuelle autre », commente-t-il.
« “DIS-MOI — Droits humaInS — Maurice/Océan Indien” travaillera dans cette direction à travers différents projets en droits humains en faveur des peuples de l’océan Indien », explique encore Lindley Couronne.
Le promoteur de l’ONG ajoute qu’en fait la responsabilité première d’oeuvrer au respect des droits de l’Homme incombe aux États. « Mais certains acteurs de la société civile, à travers des ONG, oeuvrent ardemment à l’édification de cette culture citoyenne », observe-t-il.
Ainsi, poursuit notre interlocuteur, les mécanismes institutionnels juridictionnels (principalement intergouvernementaux) sont présents au niveau régional et international pour servir de cadre de référence aux États ainsi qu’à la société civile. Au niveau régional, c’est la Commission Africaine des droits de l’Homme et des peuples et la Cour Africaine des droits de l’Homme et des peuples et au niveau international, c’est le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU et ses différents mécanismes tels que l’EPU (examen périodique universel).
« La question des droits humains est devenue un enjeu fondamental que nul gouvernement ne pourrait ignorer au risque de passer pour un barbare d’un autre siècle dans des forums internationaux », prévient Lindley Couronne.