Intervenant samedi à l’Atelier « Sa Nou Vize » de Rose-Belle lors d’une cérémonie de remise de certificats marquant la célébration de la Journée Internationale des Droits de l’Homme, le directeur de la section mauricienne d’Amnesty International, Lindley Couronne, a exhorté les Mauriciens à « apresie seki ena dan Moris » en matière de respect des droits humains. L’Attorney General, Yatin Varma, a lui plaidé pour les droits des victimes en général.
« Mo bizin apresie seki nou ena dan Moris ! Fode kritike ek rezon, pa dan vid ! », a lancé le président de la section mauricienne d’Amnesty International (Amnesty International Mauritius Section — AIMS) Lindley Couronne à l’atelier « Sa Nou Vize » de Rose-Belle, en présence d’une cinquantaine de jeunes activistes des droits humains et de l’Attorney General, Yatin Varma, lors d’une cérémonie de remise de certificats marquant la Journée internationale des droits humains (voir encadré). « Me si ena pou kritike, oblize kritike, fode pa per kritike », a-t-il toutefois nuancé.
« Nou ena drwa de Lom à Moris. Seki enn bon zafer. Nou ena osi bann contre-pouvwar. Enn lapress vie de 200 zan, enn sosyete sivil vibran », a encore précisé le président d’AIMS. Dans ce contexte, Lindley Couronne a évoqué sa récente mission d’enquête à Madagascar. « Dan Madagascar leta de drwa pe vasiye, si pa fer narien li pou tonbe », a-t-il prévenu.
Faisant référence à ce qu’une jeune activiste (Aurore Leste) a dit auparavant, Lindley Couronne a expliqué qu’effectivement l’éducation aux droits humains, que dispense l’AIMS, vise surtout à autonomiser (empower) les citoyens. « Ces cours visent à faire des Mauriciens des citoyens responsables, disposés à s’engager en politique. Car, au-delà de la politique politicienne, l’engagement politique est noble ! », a-t-il expliqué. Il a précisé qu’AIMS a formé cette année 250 personnes à travers les cours de « Human Rights and Leadership » et de « Global Citizenship and Human Rights ». « Et pourtant, c’est la responsabilité du gouvernement de former ses citoyens aux droits humains, car en ratifiant la Déclaration universelle des droits de l’homme l’État mauricien a pris cet engagement vis-à-vis de la communauté internationale », a indiqué Lindley Couronne. « C’est parce que les gouvernements ont tendance à faire oublier leurs obligations envers cette Déclaration des droits humains que certains les qualifient de “secret le mieux gardé au monde” », a ajouté le président d’AIMS. « C’est une charte de principes et de valeurs, qui donne un idéal à l’humanité », a-t-il insisté.
Dans son intervention, Yatin Varma a élaboré sur les dispositions légales touchant au respect des droits humains à Maurice. Il a parlé plus particulièrement du fonctionnement de la Commission Nationale des Droits Humains et de l’Equal Opportunities Act. « Nou ena enn gouvernman ki krwar dan les drwa imin. E nou system legal ek zidisier donn nou boukou kredibilite an deor », a martelé l’Attorney General. S’il faut respecter les droits fondamentaux de tous, il faut aussi respecter les droits des victimes, a-t-il plaidé.
Ashnavi Bhikajee, Human Rights Education Officer à l’AIMS, a pour sa part expliqué, entre autres, que l’éducation aux droits de l’homme est bien plus qu’un sujet de leçon ou que le thème d’une journée. « C’est un processus qui vise à ce que chacun soit équipé pour vivre sa vie dans la sécurité et la dignité », a-t-elle expliqué.
Aurore Leste et Darwin Sunnassee, deux jeunes activistes, ont parlé de ce qu’ils ont acquis en suivant ces cours en droits humains.
Alain Auriant, la Troupe Favory et Charlene Polimon (de Rodrigues) ont présenté des numéros.
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Le document le plus « universel » au monde
La Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH) a été adoptée le 10 décembre 1948. Depuis lors, c’est à cette date qu’est célébrée dans le monde la Journée des droits de l’Homme. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) est le principal responsable de cette question à l’ONU.
La Déclaration comprend un préambule et 30 articles, qui énoncent un large éventail de libertés et de droits fondamentaux auxquels tous les hommes et toutes les femmes, partout dans le monde, ont droit sans aucune distinction.
La Déclaration a été rédigée par des représentants de toutes les régions du monde et de toutes les traditions juridiques. Au fil des années, elle a été acceptée comme un contrat entre les gouvernements et leurs peuples. Pratiquement tous les pays l’ont adoptée. La Déclaration a également servi de base à l’élargissement du système de protection des droits de l’Homme qui, de nos jours, se concentrent sur les groupes les plus vulnérables tels que les personnes handicapées, les peuples autochtones et les travailleurs migrants notamment.
Le HCDH détient le record mondial du Guinness Book pour avoir reçu, traduit et diffusé la déclaration universelle des droits de l’Homme dans plus de 380 langues et dialectes : de l’abkhaze au zoulou. La déclaration universelle est donc le document le plus traduit au monde, et ainsi le plus « universel ».