Le titre de cet événement à venir est Le Festival International Francophone des Arts Vivants de l’Ile Maurice. Un nom d’événement trop long pour mettre dans un titre, sur une affiche ou une carte de visite. Il s’agit en fait de la transposition à Maurice du festival Passe-Portes organisé de 2009 à 2013 à l’île de Ré, en France. Pourquoi délocaliser à Maurice un festival qui s’est fait une certaine réputation en France ? C’est la question que nous sommes allées poser à Catherine Swagemakers, sa directrice générale, et François Moravic son directeur artistique.
«Le festival Passe-portes est né il y a cinq ans et il a bien grandi depuis. Je l’ai créé à l’île de Ré où j’ai une maison et j’ai rencontré pas mal de personnalités de la culture et des arts qui l’ont soutenu. J’ai créé ce festival après avoir élevé mes enfants et un peu pour réaliser mon rêve de jeunesse qui était de faire de la mise en scène de théâtre», explique Catherine Swagemakers.«Le principe du festival est de permettre aux jeunes acteurs de se produire devant un jury de personnalités du monde du spectacle et de les aider à trouver des agents, des producteurs et toutes les personnes nécessaires pour monter un spectacle. En bref : leur ouvrir les portes de la profession, d’où le nom du festival.»
 Pourquoi changer le nom de Passe-Portes à Festival International Francophone des Arts Vivants de l’Ile Maurice et le délocaliser de l’île de Ré à Maurice ? «Le festival est délocalisé à Maurice parce qu’après cinq ans d’existence Passe-Portes est arrivé à un virage : soit on continue sur la lancée dans un pays qui compte plus d’un millier de festivals tous les ans ou on s’ouvre à l’international», explique François Moravic.
Et pourquoi Maurice ? «Parce que nous avons décidé de venir nous installer ici, parce que nous avons choisi un pays où il n’existe pas vraiment de structures et où il y a du travail à faire au niveau de la création artistique et théâtrale», souligne Catherine Swagemakers. «Nous avons compris, en parlant avec des artistes et des personnalités du monde de la culture mauriciens, qu’il y avait besoin ici de lancer ce genre d’initiative pour pouvoir amorcer quelque chose.»
Pour organiser ce festival, elle a donc créé la Fondation Passe-Portes, un organisme mauricien qui aura des activités hors du festival. En dehors du festival, la fondation va faire venir à Maurice des animateurs et des techniciens étrangers pour donner des cours et une formation sur divers aspects du spectacle aux jeunes mauriciens intéressés.
Le festival Passe-Portes est à la base un concours de maquettes résumant un spectacle en 45 minutes. Le jury choisit une des maquettes présentées qui sera montée dans son intégralité et présentée à la prochaine édition du festival. En sus du prix «Passe-Portes» décerné par le jury, la fondation Bernard Giraudeau offre un prix pour un premier comédien qui s’est fait remarquer en dehors de la maquette primée. Pour sa première édition le Festival International Francophone des Arts Vivants de l’Ile Maurice comprendre six maquettes de troupes venant de France, de Belgique, de Suisse, de La Réunion et deux maquettes de Maurice, dont un spectacle déjà présenté à l’IFM, Sweet and sour, et une surprise.
Est-ce qu’il y a encore de la place pour des jeunes artistes mauriciens intéressés à participer à ce festival ? «Il y a toujours de la place pour les artistes dans un festival, surtout dans un premier qui se met en place. Les intéressés peuvent nous contacter sure le site festivalpasseportes.com.»
Pourquoi organiser un festival francophone dans une île dont la langue officielle est l’anglais, où des langues asiatiques sont parlées et qui se situe dans un environnement géographique plutôt anglophone entre l’Afrique et l’Asie ? «Nous commençons par proposer un festival francophone pour le moment et, s’il y a une demande et si les conditions le permettent, nous serons heureux d’ouvrir le festival à d’autres langues, d’autres cultures.»
Quelles sont les sources de financement de cet événement à venir ? «Pour le moment nous engageons nos propres fonds. Nous n’avons pas encore un soutien des autorités mauriciennes, mais avons des partenaires privés comme la compagnie d’aviation Corsair pour le transport des cinquante personnes que nous faisons venir et des sponsors mauriciens. Nous sommes à la recherche d’autres partenaires locaux pour boucler notre budget qui est d’environ Rs 2 millions pour les frais d’organisation dont l’aménagement du centre de conférences de Grand-Baie en salle de spectacles.»
En s’appuyant sur leur expérience de l’île de Ré, Catherine Swagemakers et François Moravic se disent confiants de pouvoir mettre en place le premier Festival International Francophone des Arts Vivants de l’île Maurice. Souhaitons que leurs efforts soient couronnés de succès.
 
Programmation et jury
En sus de la présentation des six maquettes retenues, le festival propose une programmation musicale tous les soirs avec Tritonik et Eric Triton ; l’auteur compositeur interprète Art Mengo ; le chanteur Riké et le ténor Amaury Vassali. Figurent également en hors compétition au programme du festival :
– Faust, d’Elie Triffaut, lauréat du Passe-Portes 2013,
– Une vie sur mesure, de Cédric Chapuis, mise en scène de Stéphan Battle
– Le premier, d’Israël Horrovitz, mise en scène de Léa Marie Saint Germain.
Tous les spectacles seront joués au centre de conférences de Grand-Baie en soirée, du 27 mai au 1er juin. La remise des prix aura lieu lors de la séance de clotûre du festival avec un grand concert du chanteur Riké et de plusieurs groupes mauriciens.
Le jury est composé des comédiens Claude Brasseur, Patrick Chenais, Bruno Solo, Armelle – de la série télévisé Caméra Café – et Sarah Giraudeau, Bernard Fèvre d’Arcier, ancien directeur du festival d’Avignon, Colette Nucci, directrice du Théâtre 13, de Paris, Christelle Michelet, agent artistique, Serge Rangoni, directeur du théâtre de Liège, en Belgique, et les Mauriciens Yusuf Kadel, auteur, et Bertrand d’Unienville, metteur en scène.