L’Agence Française de Développement propose une conférence sur le développement à Maurice dans le cadre de ses 70 ans d’existence. Intitulée « De quelle île Maurice rêve-t-on pour demain ? », elle réunira les spécialistes mauriciens Michael Atchia, Georges Chung Tick Kan et Khalil Elahee. Au-delà des propos qui seront tenus lors de ce rendez-vous fixé au 8 mars à l’Institut Français de Maurice à Rose-Hill, une exposition didactique décline au même endroit, sous forme de textes et de photographies, quelques exemples de développement et de transition économique que cette organisation est amenée à soutenir à travers le monde et à Maurice. Cinq de nos photographes mauriciens ont été mis à contribution à cette occasion, ainsi que la prestigieuse agence Magnum pour le volet international.
Depuis qu’elle a repris ses activités à Maurice en 2006, l’Agence Française de Développement (AFD) est intervenue en soutien à une grande variété de projets de développement pour lesquels les questions de durabilité et d’environnement étaient particulièrement présentes. Ainsi en est-il des projets de conservation des espèces menacées que présente la Mauritius Wildlife Foundation (MWF) et le photographe de cette organisation Jacques de Spéville dans l’exposition qui ouvre ses portes demain à l’Institut Français de Maurice (IFM).
Nous découvrirons des images illustrant divers aspects de la vie mauricienne qui méritent une attention particulière pour accompagner cette période de transition vers un modèle de développement plus viable et respectueux de la planète et des générations futures. Si les industries mères de la canne puis du textile sont présentes ici, la préservation de l’environnement et les questions liées à l’évolution du patrimoine bâti le sont également. Ainsi en atteste par exemple la contribution du photographe Tristan Bréville, initiateur du musée de la photographie qui a donné beaucoup de son temps à photographier les éléments encore existants de notre patrimoine historique, parfois juste avant qu’ils ne soient démolis…                                                                                                                
Les autres photographes mauriciens sont notamment Steeve Dubois, qui a travaillé sur le secteur agricole, les villes et l’environnement, ou encore Jerry Layduhur, qui s’est penché sur les activités de l’atelier de peinture pour la jeunesse de Tamarin, proposé par Jean-Yves L’onflé, ou encore sur les questions d’assainissement et d’approvisionnement en eau. Les différents reportages mauriciens permettent à la fois de pointer du doigt des points sensibles du développement et quelques réalisations mauriciennes.
Toujours dans le volet mauricien, une vidéo présente des interviews de 120 des personnes qui ont participé l’an dernier aux ateliers de travail du projet Maurice Île Durable, qui se sont tenus sous l’égide du gouvernement mauricien, avec le soutien de l’AFD en juin et juillet 2011. Les fameux cinq E, les thèmes de l’énergie, de l’environnement, de l’emploi, de l’éducation et de l’équité sont notamment abordés par ces intervenants actifs dans les secteurs public et privé ainsi que dans la société civile. De ces débats devraient résulter prochainement une stratégie et un plan d’action national qui est formulé avec l’appui d’experts internationaux.
Aller à l’essentiel
Le volet international de l’exposition présente des projets de développement que l’AFD soutient dans différents pays. Rappelant qu’une personne sur six souffre de la faim dans le monde et que 75 % de ces personnes paradoxalement vivent en milieu rural, l’AFD soutient par exemple le développement de la culture du riz de mangrove en Guinée, qui présente l’intérêt d’être biologique. Cette aide encourage l’autosuffisance alimentaire, dans ce pays qui importe chaque année 300 000 tonnes de riz en complément de ses propres productions. En Colombie, l’AFD s’est attachée à soutenir un projet de téléphérique, le métrocable qui vise à désenclaver les favelas de Medellin, qui se caractérisent par un taux de criminalité record et un niveau d’insécurité hors de contrôle. Ce moyen de transport innovant touche 500 000 habitants des quartiers sensibles qui peuvent ainsi rallier le centre-ville sans prendre de risques. Grâce à cette approche, le taux de mort violente a été divisé par six dans cette ville qui en compte 6 000 par an ! L’inimaginable s’est produit depuis car Medellin est devenue suite à cette initiative une ville attractive non seulement pour les particuliers mais aussi pour les touristes.
75 millions d’enfants dans le monde ne sont pas scolarisés, dont plus de la moitié en Afrique. Un jeune Africain a dix fois moins de chance de faire des études supérieures qu’un Européen. Au Burkina Faso, seule la moitié des enfants bénéficient d’une éducation complète au primaire. Depuis 2000, l’AFD soutient le ministère de l’Éducation de ce pays, par la construction d’école et la formation d’enseignants, ce qui permet d’accroître la scolarisation et la qualité de l’enseignement. Le nombre d’enfants scolarisés a doublé en dix ans. L’AFD a aussi soutenu la création d’un institut international d’ingénierie au Burkina Faso, qui forme chaque année mille ingénieurs dans les secteurs vitaux de l’environnement, de l’eau, de l’énergie et du génie civil.
Cette exposition, conçue dans le cadre des 70 ans de l’AFD, permet aussi de découvrir les plantations de teck en Indonésie, l’accompagnement offert aux femmes enceintes en Mauritanie, le soutien à l’industrie du textile au Cambodge ou encore l’aide à l’assainissement des eaux dans les territoires palestiniens.