La démarche du Peoples Cooperative Renewable Energy Society Ltd consiste à utiliser les terres abandonnées par les petits planteurs pour l’installation d’équipements à des fins de  production de l’énergie photovoltaïque. Un appel a été lancé, hier, par le président de cette société, Rashid Imrith, aux petits planteurs ainsi qu’à tous les Mauriciens pour qu’ils participent à ce projet. « Jusqu’en 2015, une capacité de 55MW d’énergie renouvelable peut être mise sur le réseau national », a affirmé, pour sa part, Yan Hookoomsingh, membre de la société.
« Nous voulons démocratiser la production de l’énergie à Maurice où règne un monopole. Nous voulons offrir un avenir économique aux petits planteurs qui sont nombreux à abandonner leurs terres », a fait ressortir Yan Hookoomsingh. Pour cela, la société compte installer une ferme de 25MW sur les terres des petits planteurs. Il n’y aucun souci pour financer un tel projet, à en croire M. Hookoomsingh. « Les IPP ne paient pas le MID Levy de 30 sous le kilo de charbon brûlé imposé par le gouvernement. Ils produisent l’électricité, ils polluent. Nous achetons cette électricité et c’est nous qui payons ce levy mais ce sont eux qui font des profits », a-t-il souligné. Selon lui, une somme de Rs 200 millions peut ainsi être obtenue pour financer une ferme solaire pour les petits planteurs. Pour lui, l’enjeu est simple : « Les Mauriciens vont-ils continuer à subventionner les établissements sucriers et les capitalistes au détriment des familles mauriciennes ? »
Pour sa part, le porte-parole de la Small Planters Association (SPA), Jugdish Seebaruth, a parlé des difficultés que rencontrent les petits planteurs dans leur activité. Il a indiqué que le coût de production d’une tonne de sucre était de Rs 17 500 la tonne en 2012 alors que les revenus obtenus la même année était de Rs 16 000 la tonne. Déjà, une perte de Rs 1500 par tonne de sucre en 2012 pour les petits planteurs. « Cette année, les revenus descendront à Rs 14 000 la tonne et le gouvernement nous offre Rs 2000 de subvention. Ce qui fait que nous continuerons à perdre Rs 1500 par tonne. Est-ce une activité rentable ? », s’est-il demandé. D’où l’intérêt que porte la majorité des planteurs au projet de production d’énergie renouvelable. « Nous sommes très enthousiastes à aller de l’avant avec ce projet », a dit M. Seebaruth.
A des questions du Mauricien, M. Seebaruth a laissé entendre que 99% de ses 7000 membres – qui cultivent une superficie d’environ 15 000 arpents de terre – sont intéressés par la production de l’énergie renouvelable. Il a aussi dénoncé les lobbies politiques qui ont toujours bloqué l’avancement des petits planteurs.
M. Hookoomsingh a, lui, indiqué que ce projet ne se fera pas aux dépens de la sécurité alimentaire.