Depuis la mi-journée hier, des limiers de la CID de la Western Division menés par l’assistant surintendant de police Daniel Monvoisin se penchent sur les pistes susceptibles de mener aux meurtriers d’Aslam Mustapha, 42 ans, un chauffeur de camion domicilié à la rue Hassen Sakir à Rose-Hill. Il était porté manquant depuis samedi, et son corps dissimulé sous des branchages a été retrouvé peu avant 14 h hier.
Une autopsie pratiquée en début de soirée hier par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, à la morgue du Princess Margaret Orthopaedic Centre, a attribué le décès à des « chop wounds at the neck ». La victime portait pas moins de cinq profondes entailles au cou et des blessures au visage. L’arme utilisée pour commettre le crime est un sabre, indique-t-on de sources policières. Le crime remonterait à entre 16 h et 17 h le samedi 7 juillet.
Une première zone d’ombre à élucider pour les limiers de la CID est de confirmer si ce meurtre a été commis sur le terrain vague situé rue Capitaine Bruce où le cadavre a été découvert en début d’après-midi hier. Les avis sont partagés sur cette question car il se pourrait que l’agression eut été commise ailleurs, avant que le cadavre ne soit déposé sous des branches sur les lieux.
Le témoignage de deux aides-chauffeurs, Alain Nayna, 50 ans, et Marcellino Moder, 54 ans, est jugé vital dans cette enquête. Ce sont les deux seules personnes à s’être retrouvées en compagnie de la victime avant le drame. Ils ont été longuement interrogés à ce sujet dans la journée d’hier avant de pouvoir rentrer chez eux. La police estime qu’ils n’ont rien à se reprocher, puisque dès samedi après-midi, ils avaient donné l’alerte quant à la disparition d’Aslam Mustapha.
Dans leur version des faits, ces deux témoins soutiennent que vers 14 h, samedi, la victime, qui se trouvait au volant de son camion immatriculé 6582 ZN 97, a reçu un appel sur son téléphone cellulaire lui demandant de se rendre à un endroit spécifique à la rue Capitaine Bruce pour un travail. Le chauffeur et ses deux “enflés” se sont rendus à l’endroit indiqué. Suivant les instructions de leur patron, qui était descendu pour s’enquérir du travail concerné, les deux employés sont restés à bord du véhicule.
Une demi-heure plus tard, ne voyant pas Aslam Mustapha revenir, Alain Nayna et Marcellino Moder devaient s’inquiéter. Ils sont descendus du camion en vue d’essayer de voir ce qu’il était advenu d’Aslam Mustapha. Ils ont emprunté le même sentier à travers le terrain mais point de traces du chauffeur.
Les deux “enflés” devaient informer les parties intéressées, notamment les parents de la victime et la police. Une première battue à l’aide de chiens renifleurs encadrés d’éléments de la Special Supporting Uni et des limiers du CID ne devait rien donner jusqu’à tard dans la soirée de samedi.
Toutefois peu avant 14 h, hier, de nouvelles recherches devaient permettre à la police de découvrir le cadavre de la victime recouvert de branchages sur ce même terrain vague.
Les enquêteurs de la police tentent d’établir des liens entre ce crime et l’enquête préliminaire sur le meurtre du Dr Ismaël Bahemia, tué dans son cabinet en plein centre de Rose-Hill en novembre 2008. Le nom d’Aslam Mustapha figure sur la liste des témoins assignés à cet effet.
L’enquête policière se poursuit.