L’état dans lequel a été présentée une bouteille de vin, qui a été produite comme pièce à conviction, a retenu l’attention des avocats engagés dans le procès intenté à Joydeep Beeharry et à deux autres accusés dans l’affaire Mauritius Duty Free Paradise (MDFP), lors de la première audience 2014. Ce procès se déroule devant les magistrats Vijay Appadoo et Pranay Sewpal siégeant en cour criminelle intermédiaire.
Joy Beeharry, alors qu’il était le président du conseil d’administration de la MDFP, Udainsing Ramdhonee et Gavin Vèle Govinden, ces deux derniers étant des anciens directeurs de l’organisme para-étatique, sont accusés de « fraudulent use of property ». Selon l’acte d’accusation, il auraient pris, en août 2010, possession des bouteilles de boissons alcoolisées, notamment du whisky, de champagne et de liqueur, etc., ainsi que des parfums, tous de marques réputées mondialement, pour en faire un usage autre que ceux prévus par la compagnie. Ils sont défendus par Mes Yousuf Mohamed SC, Assad Peeroo et Rishi Pursem SC, tandis que la poursuite est représentée par Me Joanne Moutou-Leckning, Assistant DPP, qui est assistée de Me Medaven Armoogumn, Senior State Counsel.
Les avocats de la défense ont attiré l’attention de la cour sur le fait qu’il se pourrait que l’état dans laquelle se trouve une bouteille de vin produite comme pièce à conviction laisse à penser qu’elle a été « tampered with ». En tout cas, elle présentait toutes les caractéristiques de l’avoir été, étant donnée qu’elle a été présentée décachetée, mal rebouchée et avec le contenu pas semblable à l’original, comparé à une autre bouteille de la même marque de vin, Chasteauneuf du Pape.
C’est l’inspecteur Devdeen, affecté à l’unité de l’ADSU de l’aéroport et le constable Samy, de la même unité basée à Plaine-Verte, qui avaient procédé à la saisie des articles le 18 août 2010 dans le box de la voiture de l’accusé Vèle Govinden, qui a produit les pièces à conviction. A la suite des remarques faites par les avocats de la défense sur l’état dans lequel la bouteille de vin en question a été présentée, la cour a entendu les explications fournies par Darwin Ramasawmy, Ag Deputy Director du bureau sanitaire du ministère de la Santé, qui faisait partie de l’équipe technique qui était responsable de l’examen des produits saisis.
Ainsi, sans être un expert en la matière, Darwin Ramasawmy a déclaré qu’il se peut que le liquide que contenait la bouteille ait subi une certaine fermentation, produisant de ce fait un gaz. Celui-ci aurait poussé le bouchon, ce qui laisse présumer que la bouteille aurait été ouverte. Mais ces explications n’ont pas convaincu les avocats de la défense.