Les employés de la MDFP sont une nouvelle fois montés au créneau cette semaine pour déplorer le conflit d’intérêts dans le cas du CEO de la Mauritius Duty Free Paradise Shop (MDFP), Simo Carevic, qui est parallèlement un cadre de Dufry, la compagnie fournisseur de produits à la boutique hors-taxes. Lors d’une conférence de presse en fin de semaine, ils ont dénoncé les pratiques abusives dont ils font les frais quotidiennement, disant également ne pas comprendre “comment Simo Carevic peut encore se présenter en tant que CEO et revenir au pays, alors que les autorités ont indiqué être au courant qu’il y aurait eu des accords frauduleux entre Dufry et la MDFP”. Outre la rupture du contrat entre la MDFP et Dufry et la mise à pied du CEO, ils lancent un appel aux autorités pour que le Conseil d’administration de la boutique hors taxe soit nommé au plus vite, afin que le syndicat puisse continuer les discussions entourant la compensation salariale de 21% réclamés par les employés et qui leur est due depuis juillet 2013.
Les produits dans les boutiques ont augmenté de plus de 40% dans certains cas; cependant la direction n’a donné pour l’année 2014 que 7 mois sur 12 de bonus de production auquel ont droit les employés, a indiqué le syndicat, soutenu par la Federation of Progressive Unions (FPU). Il rappelle que jusqu’ici la négociation salariale avec la direction, pour une augmentation de salaire de 21% a été gelée depuis le départ du CEO fin février. “Or, nous constatons qu’il y a eu des commissions payées à Nandanee Soornack et Rakesh Gooljaury. Ceci est inadmissible”, disent les employés qui déplorent que, parallèlement, les boutiques hors- taxes ont été soumises à un “cutting of cost”, dont les frais de transport, qui fait que certains employés doivent encore prendre l’autobus pour se rendre à leur travail. “C’est choquant le traitement qu’on nous fait subir, pour que d’autres profitent de l’argent récolté par la MDFP”, disent-ils. Dénonçant la politique de terreur que leur a infligée Simo Carevic, avec notamment une surveillance accrue de leur mouvement dans la boutique, ou bien plus, la suppression des chaises pour les employés…, ils se disent “heureux que la duty free saga ait éclatée au grand jour”.
Si le soulèvement de cette affaire est apprécié, les employés de la MDFP met en garde le gouvernement quant au rôle de Rakesh Goolajaury dans cette affaire. “Navin Ramgoolam, Nandanee Soornack et Rakesh Gooljaury devront répondre de leurs actes devant la justice”, disent-ils, réclamant que l’État ne ferme pas les yeux sur le rôle joué par l’homme d’affaires, patron de Fashion Style, dans cette affaire. Les employés de la boutique hors-taxes réclament également que l’État sanctionne Simo Carevic, en résiliant son contrat.