Intervenant au cours d’un atelier de travail organisé par le Conseil des Syndicats en collaboration avec l’International Labour Organization (ILO) et le Bureau des Activités pour les Travailleurs (ACTRAV), le ministre du Travail Shakeel Mohamed s’est attardé sur le retard que prend la signature du Decent Work Country Program, la Mauritius Employers Federation (MEF) refusant de signer. Dans une déclaration au Mauricien, Shakeel Mohamed soutient que « c’est triste que le processus ait été arrêté en si bon chemin par la MEF ».
La signature du Decent World Country Program (DWCP), un document concernant des accords tripartites, prend du retard à Maurice. « Ce qui est malheureux, c’est que le gouvernement a fait beaucoup d’efforts pour que nous puissions finaliser le DWCP. Il y a des implications financières dans cet accord et le Bureau International du Travail veut que nous signons le plus vite possible » devait souligner Shakeel Mohamed au Mauricien. Le ministre du Travail explique que la MEF, qui était impliquée dans le processus de négociation et de préparation et qui était pour les provisions de ce document, a refusé de signer au dernier moment. « La raison mise en avant, c’est qu’elle ne pense pas que le gouvernement croit au processus de collective bargaining », poursuit Shakeel Mohamed. Selon ce dernier, la MEF avance ce point en faisant référence à l’affaire du Joint Negociating Panel et de la MSPA. En effet, devant une grève prévue l’année dernière, le ministre avait référé les points en litige au National Remuneration Board (NRB). La MEF a ensuite logé une plainte pour une Judicial Review en cour suprême et a fait une plainte officielle au Bureau International du Travail. « Il est malheureux qu’elle mélange les deux : d’un côté nous avons le Decent Work Country Program et de l’autre nous avons cette affaire qui est devant la Cour suprême pour décider si oui ou non il y a eu violation de la convention sur la négociation collective », observe le ministre.
Tout en espérant qu’il ne s’agit « pas d’un chantage », Shakeel Mohamed déplore que « dans ce processus, le travail fourni par l’organisation des employeurs, les syndicalistes et le gouvernement tombe à l’eau. Et celui qui paie les pots cassés c’est le travailleur ». Ainsi, le BIT a entamé des pourparlers avec la MEF pour qu’elle revoie sa position sur ce dossier afin de signer ce document. Shakeel Mohamed affirme que le gouvernement est « tout à fait pour aller de l’avant avec l’implémentation de ce projet mais il est triste que le processus ait été arrêté en si bon chemin par la MEF. Mais j’espère que la raison va prévaloir ».
À l’ouverture de l’atelier de travail hier sur les négociations et le collective bargaining, Insa Ben Said Dia, représentant du ILO, et Toolsyraj Benydin, président du Conseil des Syndicats, ont aussi pris la parole. L’atelier de travail, qui se tient à Coromandel au siège de la Federation of Civil Services & Other Unions (FCSOU), prend fin aujourd’hui et doit aborder les thèmes suivants, entre autres : collective bargaining concept ; preparing for collective bargaining ; prerequisites of collective bargaining ; procedural agreements ; the breakdown in negociations and reaching of agreement et pay and collective bargaining.