Les travaux du Fact Finding Committee présidé par l’ancien chef juge  Arriranga Pillay sur la DY Patil Medical College Saga devraient aborder cette semaine une étape cruciale. En effet, cette enquête, instituée par la Tertiary Education Commission pour faire la lumière sur les dessous de la mise en opération de cette faculté de médecine pour des études de spécialisation, devra procéder incessamment à l’audition de l’ancien Regional Health Director de l’hôpital Jawaharlal Nehru, le Dr S. Ramdoyal, de même que de l’ancien directeur exécutif de la TEC, Praveen Mohadeb. Une question cruciale devra trouver réponse lors de ces séances du Fact Finding Committee : comment les 12 objections formelles formulées en date du 28 août 2009 ont été contournées au ministère de la Santé pour donner le feu vert au projet de DY Patil Medical College.
Les explications de l’ancien Regional Health Director du Jawaharlal Nehru Hospital, aujourd’hui affecté à l’hôpital de Flacq, sur le démarrage de ce projet de faculté de médecine de même que la chronologie des événements auront toute leur pertinence dans la conjoncture. Un des points fondamentaux à être élucidés porte sur les 11 objections élaborées par neuf chefs de départements de cet hôpital contre le projet de DY Patil Medical College à la fin du mois d’août 2009.
Dans une correspondance en date du 28 août 2009 adressée au Senior Chief Executive du ministère de la Santé, le Regional Health Director donne des détails d’une réunion de travail tenue la veille avec ses plus proches collaborateurs portant sur des Post Graduate Studies at J. Nehru Hospital. Outre les chefs de département de ce dernier centre hospitalier, le Pr Saxena et A. L. Sanghivi avaient participé à ces délibérations. D’ailleurs, le Pr Saxena devait confirmer que « there is an agreement with the Government of Mauritius to conduct undergraduate and post graduate courses in medicine at Jawaharlal Nehru hospital ».
La première proposition fut contestée de manière catégorique et avec raison par le Regional Health Services Administrator, N. Ramah. Les promoteurs de la faculté de médecine avaient jeté leur dévolu sur une portion de terrain de deux arpents dans l’enceinte de l’hôpital de Rose-Belle. Ce responsable de l’administration devait faire comprendre que le terrain en question avait déjà été identifié pour la construction d’une Cardiac/Renal Unit, des facilités de stationnement, pour l’aménagement d’un incinérateur et des travaux d’extension de l’hôpital.
Décision renversée en 24 heures
Les autres chefs des différents départements de l’hôpital sont également intervenus lors des discussions pour faire clairement comprendre que « at present it is impossible to start training of post graduate students at Jawaharlal Nehru Hospital with existing facilties ». Parmi les contraintes les plus conséquentes répertoriées dans la lettre officielle, relevons d’abord que « the existing operation theatres cannot cater for this project as ony 4 theatres are available. Consequently, more operation theatres have to be made available. The operation theatre is already overcrowded with our own staff including trainees and cannot accommodate additional personnel ».
Les différents chefs de département à l’hôpital de Rose-Belle ajoutent que « operating time will also be a problem with the existing physical set-up, i.e. the number of operation sessions cannot be increased » en soulignant que « teaching of students in Outpatient department and theatres is difficult as the existing infrastructure is too compact and there is a lack of space ».
En dépit de ces 12 objections, la décision de l’hôpital de Rose-Belle contre le démarrage du DY Patil Medical College fut renversée dans les 24 heures suivantes. Lors de sa déposition devant le Fact Finding Committee Pillay, le Dr Ramdoyal soulignera dans quelles circonstances le feu vert pour accueillir la faculté de médecine DY Patil dans l’enceinte de l’hôpital de Rose-Belle a été obtenu, et sur quelle intervention l’affaire a été arrangée.
De son côté, l’ancien directeur exécutif de la TEC, Praveen Mohadeb, limogé en 2013, sera entendu sur les conditions imposées à l’University of Technology Mauritius pour agir en tant qu’Awarding Body pour le DY Patil Medical College en dépit de l’absence d’une faculté de médecine sur le campus de La Tour-Koenig. Le rapport où l’University of Technology Mauritius avait été qualifiée de « boîte postale » (Rubber Stamp) pour le DY Patil Medical College sera épluché lors de cette séance de travail du Fact Finding Committee.