Tassarajen Pillay Chedumbrum, ministre des Technologies de l’information et de la Communication, a fait part de son mécontentement concernant le classement de Maurice à la 93e place sur le plan mondial du United Nations E-Government Survey publié la semaine dernière. C’était lors du lancement d’un comité de travail avec le gouvernement indien sur le e-governance ce matin à la salle de conférences de la Cybertour d’Ébène No 1.
« Je ne suis pas content du classement de Maurice en matière de e-government. Les Seychelles font mieux que nous. Il ne suffit pas de signer des protocoles d’accord mais il nous faut assurer que le travail avance et que les projets soient mis en oeuvre », a déclaré Tassarajen Pillay Chedumbrum. Le ministre des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) s’adressait aux professionnels et stakeholders du secteur informatique qui participent depuis ce matin à un comité de travail de trois jours. Aux questions de la presse, le ministre des TIC a expliqué que le pays détient le potentiel pour faire mieux en matière de e-government. « Nous avons la capacité et la technologie. Il faut provoquer cette volonté de mieux faire », a t-il déclaré, réagissant à la suite de la publication du United Nations E-Government Survey 2012. Les Seychelles devancent Maurice, faisant d’elles le premier pays de la région en matière de e-government. « On peut mieux faire. Nous sommes un peu lents sur certains projets, par exemple le e-health. D’ici la fin de l’année, nous espérons constater des avancées dans ce domaine », a souligné le ministre.
Cet atelier, qui se tient jusqu’à jeudi, est organisé par le ministère des TIC conjointement avec la National Informatics Centre Services Incorporated (NICSI) — l’équivalent indien du Central Informatics Bureau mauricien — du gouvernement de la Grande Péninsule. Les deux pays sont signataires d’un protocole d’accord visant à faciliter les échanges et des programmes de coopération dans le secteur informatique.
Dans le domaine du e-governance, l’expertise indienne est sollicitée dans divers projets tels que le e-prisons, le data centre, en termes de capacity building, entre autres. Ce comité de travail est le troisième qui se tient depuis la signature d’accord en mars 2010 sur le e-government. Les deux précédents ont eu lieu en août 2010 et mai 2011. Tassarajen Pillay Chedumbrum a également signifié son souhait d’étudier des possibilités de coopération entre les deux pays en vue de consolider le Government Online Centre. Il souhaite dans ce contexte que le National Computer Board soit la Certification Authority dans le cadre de la Public Key Infrastructure (PKI).
En mai 2008, l’expertise indienne avait été sollicitée pour l’institution d’une National Computer Emergency Response Team (CERT-MU), dont le rôle consiste à prévenir les cyber-attaques et à minimiser les dégâts et les pertes d’informations subséquentes. Il était également question de la mise sur pied de la PKI.
Le ministre des TIC a rappelé le soutien du gouvernement indien dans le secteur. Celui-ci date de mars 2000, avec la signature d’un accord de coopération entre les deux pays lors de la visite du premier ministre d’alors, Shri Atal Bihari Vajpayee. Tassarajen Pillay a aussi rappelé que le gouvernement indien a accordé une ligne de crédit à Maurice pour la mise sur pied de la Cybertour d’Ébène et pour le développement du secteur des TIC.