Les géants du funk ont donné, mercredi dernier au Swami Vivekananda Centre, un spectacle digne des prétentions affichées. Le public, venu nombreux, fut au rendez-vous pour soutenir cette nouvelle formation, Earth, Wind & Fire Experience, créée par le légendaire Al McKay. Seul hic : pas d’Al Mckay sur scène. Malgré l’absence de ce dernier, le concert s’est déroulé dans une ambiance extraordinaire.
Douze silhouettes que l’on distingue sur scène. Il en manque une : le lead guitarist et membre fondateur du groupe original, Al McKay. Il ne sera pas de la partie ce soir, suite à des pépins au niveau de son passeport, avaient prévenu les organisateurs. La nouvelle a inquiété certaines personnes et refroidi quelques ardeurs. Car plusieurs Mauriciens avaient été motivés par l’annonce de sa présence, la campagne de promo du concert ayant fait la part belle à l’unique rescapé du Earth Wind & Fire d’origine.
Crescendo.
Mais la déception a vite été oubliée grâce à la performance exceptionnelle du reste de la bande. Dès le départ, la section vocale, composée de Tim Owens, Devere Duckett et Claude Woods, surprend le public, avec une chorégraphie renversante. Le timbre et la puissance vocale des trois chanteurs ont de quoi séduire même les plus réticents.
Les Phenix Horns, menés par le célèbre Michael Harris, ne passent pas inaperçus. Cette section de cuivres, mariée aux phrasés jazzy du pianiste Ben Dowling, donne au funk des formes séduisantes, qui mènent jusqu’au frisson lors des temps forts. Pour sa part, la basse de Freddie Flewelen comble, à elle seule, le manque d’instruments à cordes, et son bass slapping viendra compléter les beats du foudroyant Aarron Haggerty.
La sonorisation met un peu de temps à s’ajuster au niveau de ses musiciens de haut calibre, mais l’ambiance va crescendo. Les EWF sont là : autant en profiter !
Piste de danse.
Au fond de la salle, c’est la fête totale. Tim Owens s’en aperçoit et encourage ceux qui sont dans les premières rangées à se mettre dans l’ambiance. L’espace d’une demi-heure, le devant de la scène se transforme en piste de danse. Ceux qui ont acheté des places VIP sont quelque peu surpris. Le jeu scénique des chanteurs et le punch des musiciens ne peuvent pas laisser les gens de marbre : quasiment tout le public se met à bouger.
Tour à tour, les musiciens ont droit à leur instant de gloire. Du superbe solo du saxophone d’Ed Wynne à l’interlude mélancolique aux claviers de Ben Dowling, chacun fait montre de son talent : les Earth Wind & Fire sont les dieux de la scène.
L’ambiance au Swami Vivekananda est à son sommet lorsque September, la chanson de toute une génération, est jouée. Voilà un morceau dont on se met à fredonner instinctivement les paroles. Le public se déchaîne complètement et la salle vibre. D’autant que les EWF nous balancent leurs plus grands classiques : Fantasy, Boogie Wonderland et Let’s Groove.
C’est ainsi que se termine une des plus belles expériences musicales de cette décennie. Les gens en sont sortis conquis et heureux.