De nouveaux éléments d’informations sont apparus concernant le drame survenu la semaine dernière à Eau-Bouillie et au cours duquel le corps calciné de Vidhi Bumma, 28 ans, a été découvert dans un champ. Son mari, Mitthunsingh Bumma, 34 ans, avait déclaré l’avoir étranglé avant de brûler son corps. Mais l’enquête menée par le DI Vishal Cowlessur, aidé du sergent Jokhoo, de la Field Intelligence Unit, sous la supervision du SP Ramgoolam, a révélé que Vidhi Bumma a été poignardée au coeur pendant son sommeil dans la soirée de vendredi.
Interrogé durant la soirée de dimanche, Mithunsingh Bumma avait avancé dans un premier temps avoir étranglé sa femme, Vidhi Bumma. Lors de la reconstitution des faits jeudi, Mithunsingh Bumma est revenu sur sa première version après que les enquêteurs aient trouvé des traces de sang à son domicile. L’époux de la victime a finalement avoué avoir poignardé sa femme avant de mettre le feu à son cadavre.
D’après les proches de Mitthunsingh et Vidhi Bumma, la dernière grosse dispute du couple remonterait au 1er avril dernier. Ce jour-là, Vidhi Bumma devait soupçonner son mari d’infidélité. Leur dispute avait alors dégénéré et Mitthunsingh Bumma aurait dans la foulée tenté d’étrangler sa femme.
Apeurée, Vidhi Bumma avait attendu le lendemain pour contacter sa soeur aînée, Kajal, qui habite à Quatre-Cocos, afin de tout lui raconter. Le couple était par la suite resté en froid jusqu’à ce que leurs proches interviennent et tentent de les réconcilier. Tandis que Mitthunsingh Bumma s’évertuait à faire passer son acte de violence pour une plaisanterie, Vidhi Bumma avait du mal à contenir sa colère et l’aurait alors giflé devant toute la famille. Geste qui n’avait nullement plu à son époux.
Mais jusqu’à ce vendredi 20 mai, rien ne devait laisser présager que leur couple battait toujours de l’aile. « Pou mwa tou ti rant dan lord ant zot. Zot ti paret korek. Zot ti pe ale dine tou ansam », a confié Deepak Bumma, le jeune frère du suspect, au Mauricien. En réalité, Mitthunsingh Bumma supportait de moins en moins les reproches de sa compagne.
Lors de la reconstitution ce jeudi 26 mai à partir de 10h30, au domicile du couple à Beelar Lane, Nouvelle-Découverte, Mitthunsingh Bumma a expliqué aux enquêteurs de la Scene Of Crime Office (SOCO) comment il a procédé au meurtre de Vidhi Bumma. Le jour du drame, soit vendredi vers 23h, Mitthunsingh Bumma était assis sur le canapé dans la salle à manger pendant que son épouse dormait dans la chambre. Selon ses indications, l’époux s’est alors emparé d’un couteau, est allé dans la chambre et a placé la main sur la bouche de sa femme pour l’empêcher de crier. Mitthunsingh Bumma l’a alors poignardée en plein coeur.
Après cela, il a recouvert le corps de la victime dans un drap et l’a placé dans un sac en plastique avec l’arme du crime avant de tout embarquer dans un van, emprunté à un habitant de la localité. Mitthunsingh Bumma a ensuite retourné son matelas pour masquer les traces de sang, s’est lavé les mains et a nettoyé les traces. Il a ensuite conduit le van jusqu’à un champ, à une centaine de mètres de l’autoroute, à Eau-Bouillie, pour se débarrasser du corps de sa femme, avant de rentrer chez lui.
Le lendemain matin, Mitthunsingh Bumma s’est rendu à la boutique du coin pour y acheter deux litres de produits pétroliers et une boîte d’allumettes. Il s’est à nouveau rendu dans le champ, a placé le corps de sa femme au milieu de pneus usagés et de morceaux de bois avant d’y mettre feu. Durant la journée de samedi, le suspect a tenté à trois reprises de se débarrasser des cendres, mais « pa finn kapav, a-t-il déclaré aux enquêteurs, lasann ti ankor tro so ».
Samedi soir vers 21h, raconte Deepak Bumma, le jeune frère de Mitthunsingh Bumma, il a accompagné son frère au poste de police de Saint-Pierre car celui-ci lui avait prétendu que sa femme était portée manquante. Mitthunsingh Bumma a consigné une déposition à 21h30, déclarant que « Vidhi Bumma avait disparu depuis 6h30, le même jour », et qu’elle « portait des vêtements noirs, un pull-over bleu et des sandales marron ». Pour soutenir ses dires, il devait faire croire à la police que sa femme entretenait des relations extraconjugales.
Durant la matinée de dimanche, la famille Bumma avait été convoquée au poste de police de Saint-Pierre à des fins d’interrogatoire, au terme duquel Mitthunsingh Bumma avait été placé en détention dans le cadre de cette affaire de disparition. Dans l’après-midi, le propriétaire d’un champ à Eau-Bouillie, Siddick, devait être interpellé par la fumée du bûcher funèbre et avait averti la police. Dépêchée sur place, la police devait découvrir la dépouille calcinée de Vidhi Bumma.