Le Front commun des travailleurs sociaux a souligné ce matin à une conférence de presse au centre social Marie Reine de la Paix à Port-Louis son intention de saisir la Cour suprême pour protester contre l’augmentation du tarif d’eau. Cette décision fait suite au laxisme du leader de l’opposition Paul Bérenger et des autorités compétentes. Une série de manifestations ont aussi eu lieu dernièrement pour alerter l’opinion publique.
« Ki sann-la ki pou fer loposition dan sa pei-la ? » s’interroge le Front commun des travailleurs sociaux (FCTS). Abordant une fois de plus le problème de la gestion d’eau, les travailleurs sociaux présents au point de presse ont rappelé que le leader de l’opposition Paul Bérenger n’a pas souhaité les rencontrer pour trouver une solution.
« Li finn fer nu kompran ki li na pa pou resevwar nu dan enn rénion kot nou ti pou expoz bann problem dilo », a déclaré Salim Muthy. Pour le travailleur social, le leader de l’opposition « n’assume pas son rôle ». Il a aussi soutenu que l’organisation d’une manifestation devant ou à côté du Parlement n’est pas interdit.
Devant le laxisme des autorités compétentes, les membres du FCTS envisage ainsi de porter l’affaire concernant l’augmentation du tarif d’eau devant la Cour suprême. « Nos hommes de loi, Dick Ng Sui Wa et Kaviraj Bokhoree (avoué), se penchent actuellement sur le dossier », a précisé le FCTS. Les travailleurs sociaux ont aussi souligné ce matin l’importance de prendre au sérieux la hausse du tarif et la mauvaise gestion d’eau.
Une manifestation a par ailleurs été organisée samedi à Port-Louis. Organisée par le FCTS en collaboration avec les membres d’Azir Moris, cette action se résume en une marche de protestation contre l’augmentation du tarif d’eau, un meeting et une veillée baptisée « Occupy Place d’Armes » afin de dénoncer également la corruption, le trafic d’influence et les abus de pouvoir. « Li pa enn restricted area kontrerman a seki dimounn pe penser », a avancé Salim Muthy, tout en soulignant le symbolisme des manifestations organisées.
Le travailleur social, Eddy Sadien, a de son côté exprimé sa satisfaction quant à l’organisation et au bon déroulement des activités. Il a cependant pointé du doigt la façon de procéder du Premier ministre. Il a soutenu que les arguments de Navin Ramgoolam quelques heures avant la tenue des actions pacifiques par le FCTS, ne tiennent pas la route. « Il y a anguille sous roche. Nu pa dakor ek seki li pe dir ! »
Eddy Sadien a une fois de plus souligné sa crainte de la privatisation du secteur de l’eau au détriment de la population et au profit des investisseurs potentiels. « Si morisien pa resaizir li zordi, dimin li pou tro tar », a-t-il lancé.
Le nombre de personnes présentes à la dernière manifestation a aussi été évoqué. Jameel Peerally, membre d’Azir Moris, a qualifié la « participation timorée » des Mauriciens comme « une habitude ». Il a aussi mis l’accent sur la frayeur de certains membres de la société civile de perdre leur emploi. « Lepep pe pren boukou letan pou reazir. Pourtan dilo touss tou dimounn. Nu pa per pou fer sakrifis me fode bann lotorite montre enn volonte pou amelior sitiasion. »
Les différents intervenants espèrent ainsi l’institution d’une commission d’enquête par le Premier ministre pour faire le point sur la gestion de la Central Water Authority.