Le conseil d’administration de la Banque Africaine de Développement (BAD) a approuvé mercredi le Mauritius Country Strategy Paper couvrant la période 2014 à 2018 et définissant les grandes lignes de la stratégie de développement économique. Les principaux objectifs du African Development Bank Group Strategic Business Plan sont de renforcer la compétitivité et la résilience de Maurice face aux chocs externes pour améliorer la qualité de la croissance et accélérer l’intégration dans le High Income Country Group. Les premières indications sont que l’enveloppe d’assistance financière prévue par cette agence panafricaine est de l’ordre de Rs 13 milliards (US $ 430 M), dont Rs 268 M pour le premier pilier consacré à l’infrastructure et aux projets de Public Private Partnership (PPP) et 162 millions de dollars pour le pilier réservé à des projets pour le Enhancing Skills and Technology.
Dans le cadre de ce Strategy Paper, la BAD mise sur un accroissement accru du secteur privé dans des domaines jusqu’ici réservés aux autorités publiques. L’un des projets retenu dans le cadre de cette visibilité améliorée du secteur privé concerne le secteur de l’eau avec la privatisation de la Central Water Authority (CWA) au cours des deux prochaines années. En effet, à l’item de l’Increased Use of Public Private Partnerships (IPPs) in public sector investment and Services, l’engagement est pris en vue de la signature d’un « Affermage Contract for the waters network ».
Jusqu’ici, la privatisation de la CWA est présentée comme une éventualité avec la mise à exécution du programme de réforme dans le secteur de l’eau avec la collaboration de la Singapore Cooperation Enterprise (SCE). Une première étape du programme a été franchie avec la mise en chantier de projets pour réduire le taux de perdition sur le réseau d’adduction d’eau de la CWA.
Très peu d’indications sont disponibles quant au calendrier de travail menant à la signature du contrat d’affermage de la CWA. Soulignons que « l’affermage est le contrat par lequel le contractant s’engage à gérer un service public, à ses risques et périls, contre une rémunération versée par les usagers. Le concédé, appelé fermier, reverse à la personne publique une redevance destinée à contribuer à l’amortissement des investissements qu’elle a réalisés. La rémunération versée par le fermier en contrepartie du droit d’utilisation de l’ouvrage est appelée la surtaxe. Le financement des ouvrages est à la charge de la personne publique mais le fermier peut parfois participer à leur modernisation ou leur extension ».
Toutefois, des  précédentes tentatives dans ce sens dans le secteur de l’eau n’avaient pas abouti même si des agences de financement internationales avaient déjà consenti d’importants déboursements pour la réalisation d’un tel projet. Ainsi, en mai de l’année dernière, l’Agence Française de Développement avait annulé un financement de Rs 2,6 milliards pour les opérations dans le secteur de l’eau en raison des tergiversations de la part des autorités au sujet de la réforme agréée.
Le Country Strategy Paper de la BAD sur Maurice note que « the pillar 1: Building Infrastructure and PPPs will support actions and policy reforms to address bottlenecks in the Energy, Transport and Water and Sanitation infrastructure. The objective will be to support Mauritius improve the quality and capacity of infrastructure to attract higher value-added investments into the country, enhance the domestic private sector’s capacity to operate in the regional market and improve public sector delivery ». Pour le bon déroulement de ce projet, la BAD mettra à la disposition du gouvernement un Infrastructure Investment Specialist.
Un autre projet suscitant la controverse depuis ces dernières années figure également parmi les recommandations de la BAD. Cette agence mise sur le démarrage d’une centrale thermique à charbon de 100 MW « minimizing environment impact constructed  and operated by the private sector » à court terme. Toutefois, la BAD se garde de citer nommément le projet de CT Power (Mauritius) Ltd de Pointe-aux-Caves. La BAD s’attend à ce que « the financial closure is reached on new 100 MW coal power project (or alternative) » d’ici 2016.
D’autre part, la BAD se fait fort pour annoncer que « the strategy would also promote gradual transition to “green” growth by supporting the government, enhance resource use efficiency in the utilities sector, achieve policy clarity on the share of renewable energy in the national production mix, and reduce underground water pollution ».
Le second pilier d’intervention de la BAD au cours des cinq prochaines années est axé sur l’éducation, plus particulièrement l’enseignement supérieur, technique et professionnel. L’objectif est d’atteindre une « increased employability of tertiary and TVET graduates », soit l’embauche de 95 % des détenteurs de diplômes universitaires dans les douze mois de leur graduation et de 70 % des TVET Graduates dans les six mois après la fin de leurs cours ou encore la réembauche des employés licenciés pour raisons économiques à hauteur de 50 % au lieu des 28 % actuellement.