Étant un consommateur d’eau, l’Irrigation Authority n’a vraiment pas le choix entre irriguer ou de ne pas irriguer les plantations dans le projet des plaines du Nord, en cette période de manques de pluies. « Lorsqu’on réduit notre approvisionnement, nous devons nous aussi réduire nos opérations. Nous devons faire avec », déclare Chatta Hookoom, General Manager. Actuellement, l’Irrigation Authority ne reçoit que 50% du volume normal d’eau qu’elle utilise pour arroser à 100% les plantations de légumes et les nouvelles plantations de cannes et à 50% les anciennes cultures de canne.
« Nous travaillons à partir du volume d’eau qu’on nous donne. Nous arrivons à satisfaire les agriculteurs », déclare M. Hookoom. La demande actuelle en eau de l’Irrigation Authority (IA) est de 100 000 m3/jour mais elle n’obtient que 60 000 m3/j, dont 10 000 m3 pour la Centrale Thermique de Belle-Vue (CTBV). Les autres projets opèrent tous de façon normale, affirme M. Hookoom, qui cite ceux de Bel-Ombre, Plaisance Rivière-du-Rempart et Belle-Mare/Trou-d’Eau-Douce. Dans ce dernier cas, l’IA effectue un contrôle constant en vue de vérifier la salinité de l’eau. « Si elle est correcte, on continue d’irriguer, autrement on arrête », dit-il. L’irrigation, affirme-t-il, nécessite toute une gestion et organisation pour être efficace. À ce sujet, lorsqu’il y a un manque d’eau, l’IA aide les planteurs en mettant à leur disposition des hydrants d’où ils peuvent remplir leurs citernes et sauver ainsi leurs plantations. « Les planteurs doivent se rendent à l’IA, à Plaine-des-Papayes, avec leurs camions pour faire remplir leurs citernes », ajoute-t-il. Chatta Hookoom fait ressortir que cette eau est contrôlée strictement afin que les planteurs ne la revendent pas. « Mais toujours est-il qu’il y a aussi des voleurs d’eau que nous ne pouvons tous surveiller. Je ne sais comment mais ils arrivent à démonter les hydrants et y puiser de l’eau. Nous avons un total de 1800 hydrants éparpillés au milieu des plantations de cannes. Il est très difficile de les surveiller tous ».
Par ailleurs, M. Hookoom souligne que l’IA a cessé d’utiliser l’eau traitée par la WasteWater Management Authority (WMA) en provenance de la station de St-Martin, en raison de son coût jugé trop élevé. « L’eau en provenance de St-Martin subit un traitement tertiaire et nous l’utilisions auparavant pour irriguer les plantations de cannes dans l’ouest de l’île », indique-il. Une autre organisation, La Ferme/Magenta Water Users Association, en fait de même mais elle ne paie que 1.5 sous par m3 d’eau qu’elle revend aux planteurs à 7 sous le m3, dit-il. Or, l’IA doit payer 80 sous le m3 d’eau à la WWA et la mélanger à 50% avant d’irriguer les plantations de cannes. « À quel prix devons-nous alors vendre cette eau aux planteurs ? Qui paiera nos frais additionnels pour amener cette eau jusqu’aux champs des planteurs ? », s’interroge-t-il. Et de souligner que tous ces planteurs se trouvent dans la même région mais que certains d’entre eux vont devoir payer leur eau plus cher que d’autres. De ce fait, l’IA a cessé d’utiliser l’eau traitée et ne se concentre que sur son projet principal des plaines du Nord et ses autres petits projets ailleurs dans le pays.