À Rose-Hill 4 705 foyers seront raccordés une fois que la station de traitement de Bagatelle sera opérationnelle

Privatisation de l’eau, coupures drastiques, promesse d’approvisionnement 24/7 en eau aux 350 000 abonnés de la CWA, mise en opération à 100% du Bagatelle Dam… Autant de projets qui risquent de jeter une douche froide sur les autorités en 2019 s’ils ne se concrétisent pas.

L’année 2018 n’a pas été un long fleuve tranquille pour la Central Water Authority (CWA), corps paraétatique relevant du ministère des Services publics d’Ivan Collendavelloo.

La fleur au fusil, Ivan Collendavelloo pensait pouvoir convaincre l’opinion de son projet de privatisation du secteur de l’eau qui représente, selon lui, « un système moderne de gestion pour assurer une fourniture d’eau 7 jours sur 7 ».

Or, les réticences, au sein même du gouvernement, à ce projet, font que ce projet sera abandonné. « Le ministre des Services publics a construit de faux arguments, comme l’eau 24/7 et une mauvaise gestion financière, pour essayer de nous imposer un consortium étranger à la direction de la CWA », nous confie le syndicaliste, Jayen Chellum.

En première ligne de la plate-forme anti-privatisation, l’année dernière, ce dernier soutient que « si, à ce jour, 70 % de la population sont déjà connectées au réseau 24/7, il est aberrant qu’on puisse, du jour au lendemain, offrir la gratuité de l’enseignement supérieur, mais ne pas pouvoir tenir son engagement d’approvisionner comme il se doit la population en eau ! » Jayen Chellum ajoute que le gouvernement n’aura « pas droit à l’erreur à la veille des élections générales après tant de milliards de roupies dépensées dans le secteur ».

Le flou autour du Bagatelle Dam

Au chapitre de la fourniture 24/7 et des dépenses liées, la question de la mise en opération à 100 % du Bagatelle Dam va se poser avec plus d’acuité encore dans les mois qui viennent.

A la suite d’un litige en cour et des travaux additionnels relatifs à la nature du sol, le coût est passé de Rs 3,3 milliards — au moment où le contrat a été alloué à la Chinese International Water and Electric Corporation en 2011 — à Rs 6, 2 milliards.

Si le barrage est actuellement utilisé pour rehausser le niveau de la rivière GrandeRivière-Nord-Ouest, via la station de traitement d’eau de Pailles, le flou règne sur le retard dans l’installation de sa propre station de traitement. Si l’option de juin 2019 tient la route, elle n’a toutefois pas encore été confirmée officiellement, un an après le début de sa construction. Sa réalisation s’avère être la condition sine qua non à l’approvisionnement des régions de Belle-Rose, Rose-Hill, Coromandel et la partie nord de Port-Louis.

A Rose-Hill, les travaux de remplacement de tuyaux usés de plus de 40 ans seront également déterminants et devraient également être complétés en juin.

Au coût de Rs 350 millions, le projet qui entre dans sa phase 2 à la fin du mois de janvier comprend la fourniture et la pose de tuyaux sur 30 km et le remplacement de 600 compteurs. Les routes concernées sont : Père Laval, Réverend Lebrun, Malartic, Hugnin, Maurice Curé, Labourdonnais, Boundary, Ducan Taylor, Vandermeersch et les rues avoisinantes.

Au total, 4 705 foyers seront raccordés à ce nouveau réseau… une fois que la station de traitement de Bagatelle sera opérationnelle. Il va sans dire que le compte à rebours a débuté pour le gouvernement qui ne dispose que d’une petite année pour concrétiser sa promesse de fournir de l’eau à la population tous les jours et à toute heure.