L’Île Maurice s’est retrouvée sous les eaux, des trombes et des trombes, à n’en plus finir, depuis le début de 2018. Hormis les grosses pluies d’été traditionnelles, Berguitta nous a gratifiés d’un passage cyclonique qui a davantage joué avec nos nerfs, mais tout en étant extrêmement bénéfique à nos réservoirs. Et voilà que des averses torrentielles sont venues, une fois de plus, jouer au trouble-fête, en ce matin du jeudi 25… Retransformant du coup tout le paysage local qui reprenait quelques couleurs, après avoir cruellement manqué de soleil des jours durant, en scène aux allures apocalyptiques !

Résultat : de nombreuses autres maisons inondées, certaines se trouvant dans les zones à risques, identifiées depuis quelques années, déjà par les experts en la matière. Mais également beaucoup de demeures jusque-là, intouchables, du moins, pensaient les propriétaires. Les pompiers, entre autres, ont été mandés sur des lieux, constamment. Tantôt par des personnes qui n’en pouvaient plus de voir leurs constructions prendre l’eau, comme s’il s’agissait de bicoques trouées. Mais tantôt aussi par ces autres citadins totalement dépassés par les montées soudaines d’eaux !

Ce qui frappe, essentiellement, dans le sillage de ces événements dramatiques qui n’ont, heureusement, pas entraîné de mort d’homme, c’est que tous, des habitants victimes aux politiques, en passant par les représentants des autorités diverses, ont établi presque le même constat : bien sûr, il y a là, les caprices de Dame Nature, ajouté au changement climatique irrémédiable, mais il y a surtout énormément de cours d’eau, des rivières, des canaux et autres voies d’évacuation qui se sont retrouvés sinon obstrués, voire carrément bouchés, par des ordures des uns et des autres !

Des déchets d’autres Mauriciens. Adultes, majeurs et vaccinés. Et cependant, parfaitement irresponsables et faisant preuve d’un je-m’en-foutisme phénoménal ! Qui n’en ont cure de ce qu’il adviendra des maisons avoisinantes quand une certaine situation se présentera — et elle s’est présentée, bel et bien ! D’aucuns, tant via les médias classiques que les réseaux sociaux, s’en sont pris à ceux qui jettent leurs ordures un peu n’importe où, profitant d’un moment d’inattention. Comme s’il s’agissait là d’un acte le plus banal du monde, qu’ils répètent et exécutent automatiquement, sans se soucier des répercussions. Et surtout, du fait qu’il n’existe aucune sanction à leur égard, à cet effet. Qui a déjà écopé d’une amende, pire, d’un avertissement, ne serait-ce, pour avoir jeté ses déchets dans une rivière ?

Loin d’être sceptiques ou cyniques, l’on nous pardonnera de faire remarquer à Mmes Dawreeawoo et Jadoo-Jaunbocus, que s’époumoner devant les caméras à demander aux Mauriciens d’arrêter leurs mauvaises pratiques ne servira strictement à… rien ! De fait, pourquoi est-ce que le gouvernement de Pravind Jugnauth, qui ne rate pas une occasion de rappeler qu’il ne veut que bien faire dans l’intérêt du peuple qui ne l’a pas élu comme PM, ne mettrait-il pas sur pied, entre autres mesures urgentes, une cellule de sentinelles, par exemple, qui assurerait une vigilance régulière dans les zones les plus à risques ?

Ce serait là, à notre sens, au moins un début. Une piste éventuelle à explorer. L’on ne s’attend pas, évidemment, que le gouvernement recrute des préposés et les place dans chaque endroit où il y a des cours d’eaux, des rivières, des canaux et autres. Mais puisque les autorités concernées ont déjà identifié ces zones qui sont les plus à risques, y marquer une présence aiderait à trouver un début de solution. Et, du coup, créer un peu d’emploi.
L’on comprend que ces préposés ne pourront agir comme des agents, habilités à délivrer des amendes ou des contraventions à ceux et celles des Mauriciens qui seraient pris en flagrant délit de pollution de nos cours d’eaux et rivières. De fait, nous faisons confiance aux autorités pour élaborer un système, passer des lois, qui permettraient à ces préposés d’identifier ces compatriotes qui commettent ces actes aux répercussions dramatiques. Et de là, qu’une procédure soit entérinée pour sanctionner ces pollueurs !

Le sociologue Ibrahim Koodoruth l’a déclaré récemment, dans nos colonnes, s’agissant des délits causant des accidents de la route et des morts : la répression est une arme à envisager, dans les cas extrêmes. Il nous semble bien que pour ce qui est de diminuer les dégâts lors des prochaines pluies diluviennes, commencer par empêcher nos compatriotes d’obstruer les cours naturels d’eau serait un bon début… Quand un ou plusieurs pollueurs seront fichés et amenés à payer pour leur acte, financièrement, cela agira, on le pense, comme un “deterrent” solide !

Et il revient aussi au gouvernement de Pravind Jugnauth de prendre les mesures nécessaires pour s’adapter au changement climatique !