Photo illustration Ebène

Pas moins de 50 marchands ambulants qui opéraient de façon irrégulière à Ébène seront relogés sur un terrain de 50 perches à proximité du bâtiment d’Emtel à partir de lundi prochain. Ces marchands, qui ont été appelés à se regrouper en fédération, devront cependant posséder un permis d’opération en règle avant de commencer leurs opérations.

Selon Landscope Mauritius, lors d’une réunion tenue en début de semaine, notamment entre les marchands ambulants et la mairesse de la municipalité de Quatre-Bornes, Soolekha Jepaul-Raddhoa, une décision a été prise d’offrir un permis d’opération aux 50 marchands ambulants afin qu’ils puissent travailler dans un lieu sans avoir à obstruer la circulation.

Ainsi, 50 perches de terrain ont été trouvées à côté du bâtiment d’Emtel, qui servait de parking accommodant 50 véhicules. Ces marchands ambulants, qui trouveront ainsi un espace pour écouler leurs produits alimentaires, devront malgré tout payer les frais de location. Landscope prévoit également d’ériger un toit pour que les marchands puissent être à l’abri.

Contactée pour une déclaration, la mairesse de Quatre- Bornes avance qu’il était « important de mettre de l’ordre à Ébène, car les marchands ambulants garaient leurs véhicules où il ne fallait pas », obstruant ainsi la circulation. « Toutefois, nous devons voir cette situation d’un point de vue humanitaire », dit-elle. D’où la raison de les reloger. De plus, dit-elle, en période de fin d’années, ces marchands « doivent aussi assurer leurs activités pour pouvoir vivre ».

Faisant ressortir que 50 marchands ont été choisis, Soolekha Jepaul- Raddhoa dit cependant espérer qu’après leur relogement, « 50 autres ne feront pas leur apparition ». Nous avons cherché à joindre la CEO par intérim de Landscope Mauritius, Naila Hanoomanjee, mais cette dernière était indisponible car partant à une réunion. Des opérateurs payant leur location mensuelle, contrairement aux marchands ambulants, avaient déjà émis le souhait de régler la situation. « En tant qu’opérateur dans le Food Court à Ébène, nous avons fait de nombreuses demandes à Landscope Mauritius ainsi qu’auprès de la police et de la municipalité de Quatre-Bornes depuis des années pour mettre de l’ordre car la rue est devenue un vrai bazar », soutient un opérateur dont l’enseigne existe depuis plusieurs années.

Selon lui, des descentes effectuées sur les lieux par la police « n’ont pas été efficaces » car « les marchands ambulants reviennent après deux jours ». Il dit ainsi regretter qu’il n’y ait pas de suivi. Cet opérateur approuve de fait la décision de Landscope Mauritius à l’effet que les marchands ambulants évacuent les lieux jusqu’à ce qu’ils soient relogés.

Toutefois, il dit constater que « les gens qui opèrent dans l’illégalité, autrement dit sans payer pour leur permis ni même de taxes à l’État, sont comme des “squatters” voulant que leur situation soit légalisée, et ce alors que les opérateurs dans le Food Court, eux, doivent payer loyer, taxes et salaires, tout en respectant les règles sanitaires ». Et de poursuivre : « Nous sommes confrontés à plusieurs contraintes et nous faisons face à la compétition. »

Pour cet opérateur, « depuis des années, les autorités ont encouragé les gens à fonctionner dans l’illégalité et, ensuite, lorsqu’il y a un entassement d’opérateurs illégaux, on veut légaliser leurs activités ». Or, ajoute-t-il, « pour que Maurice puisse avancer, il faut respecter les lois », réfutant les arguments des marchands ambulants, « qui se disent pauvres alors qu’ils ont des véhicules neufs dans lesquels ils vendent leurs produits ».