Le plus à craindre demeure la vitesse de propagation incroyable de ce virus, qui a fait déjà 729 victimes en Afrique de l’Ouest avec 1 323 cas de fièvre répertoriés depuis février
Renforcement du contrôle sanitaire à l’arrivée au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport et au port
Avec l’alerte émise en cours de semaine par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) su sujet de la propagation « hors de contrôle » du virus Ebola hors du foyer initial du Sierra Leone, du Liberia et de la Guinée, les autorités mauriciennes ont fixé un objectif majeur. Le mot d’ordre au ministère de la Santé, où le ministre de tutelle, Lormus Bundhoo, supervise les détails, est simple : éviter à tout prix que le virus Ebola ne s’infiltre sur le territoire mauricien. La cellule de crise, instituée sous le contrôle du Dr Nundlall, assure la coordination des mesures de contrôle et de preparedness à prendre que ce soit dans le secteur public de la Santé ou du privé en attendant l’arrivée à Maurice de l’expertise sollicitée d’urgence auprès de l’OMS pour affûter un éventuel Ebola Contingency Plan.
Dans l’immédiat, au ministère de la Santé, l’on se veut rassurant : aucun cas encore, ni la moindre trace, du virus Ebola, détecté jusqu’ici. Pourtant, des craintes potentielles pourraient surgir avec le retour à la mi-juillet d’un récent contingent de 23 Mauriciens, travaillant sous contrat pour le compte d’une société mauricienne en Afrique de l’Ouest, zone considérée à risque de même qu’avec la présence sur le sol mauricien d’une cinquantaine de ressortissants étrangers venant ou ayant transité dans des pays de cette région d’Afrique.
Dans sa stratégie visant à tout mettre en place pour garder le virus Ebola loin des côtes mauriciennes, le ministère de la Santé affirme que ces deux groupes de personnes font l’objet d’un monitoring systématique de leur état de santé. « Nous n’avions pris aucun risque. Ces passagers ont subi toute la batterie de tests en vue de détecter la présence du virus Ebola et également d’autres virus. Rien d’anormal n’a été noté jusqu’ici et le contrôle sera maintenu dans les jours à venir », confirment des sources autorisées à la Santé.
A ce stade, la principale appréhension entretenue au niveau de la Santé porte sur la vitesse vertigineuse de propagation du virus Ebola. « En tout cas, Maurice ne peut permettre le luxe de faire preuve de laxisme avec le risque que ce virus, aussi mortel soit-il, ne soit introduit dans le pays. Avec la vitesse de propagation de ce virus, un seul cas importé pourrait déboucher sur des proportions pandémiques incroyables vu l’exiguïté du territoire et les conditions de contacts. Nous devons être en mesure de pratiquer une politique de tolérance zéro face au virus Ebola. Probablement une question de vie ou de mort », faisait-on comprendre dans les milieux concernés en fin de semaine.
Ainsi, la cellule de crise du Dr Nundlall se réunit quotidiennement pour passer en revue l’efficacité des mesures envisagées et assurer la coordination sur le plan local avec les médecins et cliniques du privé. De prime abord, les contrôles aux frontières à l’aéroport et au port ont été renforcés avec de strictes consignes aux membres de l’inspectorat sanitaire. « Le contrôle sanitaire à ces deux points stratégiques représente la principale ligne de défense contre une invasion de ce virus et nous devrons être hermétiques dans la mesure du possible, car une fois sur le territoire, le virus Ebola pourrait générer de gros problèmes », avertit-on à la Santé.