« L’épidémie d’Ebola, selon l’OMS, a atteint une phase explosive et cela a semé la frayeur parmi le personnel hospitalier », a fait ressortir Amaljeet Seetohul lors d’un point de presse hier. Le président de la Ministry of Health Employees Union (MOHEU) a tiré la sonnette d’alarme quant au manque de dispositifs dans les hôpitaux pour éviter toute contamination avec un éventuel patient infecté par le virus. Il a lancé un appel au ministère de la Santé afin qu’il y ait des actions promptes pour la sécurité de la population et du personnel. « Il n’y a pas de vaccin contre le virus. Il nous faut donc mettre toutes nos chances de côté ! »
Pour Amaljeet Seetohul, les mesures de prévention doivent être prises non seulement à l’aéroport mais aussi dans les hôpitaux où n’importe quel patient infecté peut se trouver suite à un malaise. « Si une personne a contracté le virus mais qu’à l’aéroport et ailleurs, on n’a pu le détecter encore, lorsqu’il commencera à aller mal, il se rendra dans un hôpital. Or, aucune précaution n’a été prise face à cette éventualité », dit-il. D’où l’urgence de dispositifs tels que des détecteurs thermiques comme à l’aéroport afin d’examiner les patients à leur arrivée à l’hôpital. Il recommande par ailleurs des thermomètres infrarouges pouvant prendre la température à distance. « Actuellement, nous utilisons toujours des thermomètres classiques que l’on doit passer sous le bras. C’est suranné ». Le président du MOHEU regrette d’autre part qu’il n’y ait pas d’isolation room dans les hôpitaux. « Si un patient est infecté par le virus Ebola, la première chose à faire, c’est de l’isoler. Or, on n’a pas d’isolation room et le personnel est exposé à ce danger. Il faudrait au moins une isolation room dans le département casualty. Ces isolation rooms doivent permettre un accès direct avec l’ambulance pour ne pas contaminer d’autres patients ».
Le MOHEU estime en outre important qu’il y ait une ambulance spéciale pour le transport d’éventuels patients infectés afin d’éviter tout risque de contamination. L’hygiène est un autre facteur primordial dans la prévention de la propagation du virus, rappelle M. Seetohul. « Il doit de fait y avoir des distributeurs de savon liquide dans les toilettes et non des savonnettes que chaque patient toucherait et il faudrait des distributeurs de gel antibactérien pour se désinfecter les mains en sortant des toilettes ».
Le président du MOHEU soutient qu’« il règne actuellement une atmosphère de frayeur dans les hôpitaux. Il faut rassurer le personnel hospitalier au plus vite en prenant ces mesures ». Amaljeet Seetohul déplore de plus l’atmosphère d’insécurité dans certains hôpitaux. Il devait prendre l’exemple du cas d’un infirmier qui a été agressé à coup de couteau par un visiteur dimanche dernier. « Un autre membre du personnel s’est fait agresser à la mâchoire il y a un mois par un visiteur. Sans parler des consommateurs de méthadone qui, souvent, une fois leur méthadone reçue, restent dans l’enceinte de l’hôpital ». Le MOHEU en appelle au ministère de tutelle pour prendre les actions appropriées.