Le front commun du monde politique et associatif, constitué à l’initiée du PMSD, a réclamé hier la démission de Ravi Rutnah et de Showkutally Soodhun, de même que celle de Fazila Daureeawoo du parlement. Une réclamation exprimée lors d’une rencontre avec la presse hier.
Aurore Perraud, membre du PMSD, a expliqué que l’idée de la création d’un front commun vise à rallier les femmes actives de tous les partis politiques et les associations féminines, et ce, afin de dénoncer l’ensemble des attaques contre les femmes. Faute de temps, seuls le Reform Party et les membres de l’aile féminine du PMSD ont pu répondre à l’invitation lancée, alors que plusieurs organisations féminines, dont Women in Networking et FLAME, étaient représentées.
Aurore Perraud a d’entrée qualifié les propos tenus par Ravi Rutnah de « grossiers, vulgaires, sexistes et méprisants ». Un discours tenu par le Deputy Chief whip seulement huit jours après l’épisode de Showkutally Soodhun à une réunion ses syndics de la NHDC. Le vice-Premier ministre et ministre des Terres avait ce jour-là expulsé une femme d’une manière vulgaire de cette rencontre.
« Tout cela démontre à quel point les membres du gouvernement n’ont aucun respect pour les femmes. Nous dénonçons cette attitude avec fermeté », dit Aurore Perraud. Elle estime que les propos tenus par Ravi Rutnah à l’égard d’une femme sont indignes d’un parlementaire et d’un Deputy Chief whip. « Nous sommes indignées et révoltées », a-t-elle lancé. Elle a relevé qu’un tel discours a été tenu en présence du Premier ministre suppléant, Ivan Collendavelloo, et de la ministre de l’Égalité des genres, Fazila Daureeawoo. Sont dès lors déplorées les réactions à chaud de ces deux politiciens. « Nous déplorons également le silence de la présidente de la République et des autres membres du gouvernement », a-t-elle ajouté.
Aurore Perraud a pris note des excuses présentées par Ivan Collendavelloo, « mais ce sont celles de Ravi Rutnah que nous réclamons », a-t-elle insisté. Et ce, avant de réclamer la démission de celui-ci, de Showkutally Soodhun et de Fazila Jeewa-Daureeawoo du parlement.
Roshni Mooneeram, qui s’est présentée comme une citoyenne engagée sans aucune affiliation politique, a également dénoncé les propos tenus contre les femmes, lesquels interviennent à un moment où les cas de violence domestique et de violence contre les femmes se multiplient à travers le pays. « Où est le leadership du pays, où est la présidente de la République? ? » s’est-elle demandé en déplorant qu’il n’y ait pas eu de réaction de leur part malgré les dérapages constatés ces derniers temps. Roshni Mooneeram rappelle par ailleurs que les parlementaires ont été élus pour travailler pour la population, « dont les femmes », et non pas pour les insulter. « Nous déplorons la dégradation de la culture parlementaire », dit-elle.
Karuna Munboth, du Reform Party, s’est dit solidaire envers les femmes et les membres du front commun. Elle a également dénoncé les « propos dégradants, insultants et vulgaires » à l’encontre des femmes. « Ce n’est pas la première fois que nous observons de telles attitudes. Je demande à Ravi Rutnah de présenter ses excuses et, au cas contraire, qu’il démissionne du parlement? ! », a-t-elle déclaré, en estimant que « c’est un triste jour pour les femmes et pour le pays ».
Anuradha Nunkoo, de WINS, a déploré la détérioration du langage tenu contre les femmes dans le pays. « Si un parlementaire ne sait pas parler en public, qu’il aille apprendre et qu’il se documente sur les valeurs humaines et la façon de s’adresser aux gens », argue-t-elle. Anishta Seesurrun, de FLAME, s’étonne qu’un parlementaire n’ait pas de maîtrise de soi. Elle estime que les propos tenus par Ravi Rutnah sont loin d’être un lapsus. « C’était des propos calculés », est-elle d’avis.
Aurore Perraud a au final exprimé sa satisfaction concernant cette réunion, qui n’est « qu’un premier pas dans la lutte contre le piétinement des valeurs ». La possibilité d’organiser une marche pacifique a également été envisagée.