La succession d’événements sur l’échiquier politique depuis la publication du Consultation Paper sur la réforme électorale le 24 mars dernier et une nette accélération de ces mêmes développements cette semaine avec le tête-à-tête Ramgoolam/Bérenger de cet après-midi à Clarisse House pointent de plus en plus vers une étape cruciale. En effet, l’option d’élections générales anticipées au plus tôt à la mi-septembre se précise de plus en plus alors que la rupture du Remake 2000 MSM/MMM attend d’être consommée avec la confirmation formelle de l’annulation du meeting conjoint du 1er mai lors de la réunion du comité central du MMM de samedi. Avec le coup d’envoi des consultations menées par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, tout semble indiquer qu’une Roadmap pour la présentation à l’Assemblée nationale des amendements à la Constitution pour mettre à exécution la réforme électorale devra être dégagée dans les meilleurs délais.
Selon des recoupements effectués des sources concordantes et autorisées, il n’est pas exclu qu’une ébauche du Constitution Amendment Bill soit présentée en première lecture lors de la reprise des travaux de l’Assemblée nationale le mardi 13 mai prochain avec les débats en seconde lecture et l’adoption éventuelle de ces amendements programmés au cours de la seconde quinzaine de mai. Compte tenu de l’importance de ces amendements, le gouvernement ne pourra pas se prévaloir de la voie rapide du Certificate of Urgency et devra accorder les délais prévus dans la loi à cet effet pour les différentes étapes de ces débats constitutionnels avec un vote qualifié des trois quarts de la majorité.
D’autres sources avancent que le projet initial par rapport à la réforme électorale était de boucler les consultations et l’étude des propositions « à tête reposée » après un délai raisonnable lau-delà du 5 mai avec le texte de loi prêt pour l’Assemblée nationale en juin/juillet. Mais dans la conjoncture, ce calendrier pourrait connaître une accélération.
Avec ce scénario probable, sauf problèmes majeurs en cours de route pour l’adoption de la réforme électorale, la possibilité d’élections générales anticipées devra se faire de manière de plus en plus insistante indépendamment des « koz-kozé » autour du package politique autour de la IIe République et le partage des pouvoirs constitutionnels entre les partenaires éventuels. Mais la véritable question se pose autour de cet éventuel calendrier électoral en tenant compte de certaines réalités incontournables.
D’aucuns s’accordent à dire que la période de la mi-septembre est celle la plus proche pour rappeler le pays aux urnes. Avec la prochaine adoption du Constitutional Amendment Bill, donnant force de loi à la réforme électorale, se succédera la phase finale de la Coupe du Monde au Brésil du 12 juin au 13 juillet prochain.
Ensuite, à partir de la fin de juin et jusqu’au 29 juillet, les Mauriciens de foi islamique seront en période de jeûne pour le Ramadan. Il est évident que ce ne sera qu’après cette période que la campagne pour des élections anticipées pourra être initiée avec en toile de fond, le fait que la principale journée du calendrier hippique avec la Maiden Cup est prévue pour le 7 septembre prochain.
Des Snap Elections en septembre offrent également l’avantage à l’Incoming Government de présenter son discours-programme à l’Assemblée nationale un mois avant l’échéance pour le prochain discours du budget, traditionnellement lu à l’Assemblée nationale à la fin de la première semaine de novembre avec les débats pour tout le mois. Toutefois, avant toute dissolution de l’Assemblée nationale, la motion présentée par le Premier ministre confirmant le gel du redécoupage des circonscriptions devra être entérinée par cette instance.
Financement des partis
En parallèle aux développements sur le plan politique, le programme de travail de la Commission Électorale tend à favoriser l’option de septembre au plus tôt. Une dernière étape avant la publication des nouveaux registres des électeurs pour les 20 circonscriptions à Maurice et pour Rodrigues devra être franchie au cours du mois prochain.
Du 16 au 30 mai, la Commission Électorale invite tous les électeurs inscrits à se rendre dans différents centres à travers l’île pour vérifier si leurs noms sont inclus dans les registres officiels, qui devront servir au cas où les prochaines élections générales sont organisées cette année. Passé le délai du 30 mai, la Commission électorale apportera la dernière touche aux listes d’électeurs par circonscription, dont la publication doit se faire obligatoirement le 15 août prochain.
Pour revenir aux étapes menant à la réforme électorale, les membres de l’Electoral Supervisory Commission, qui sont déjà en présence du Consultation Paper sur la réforme électorale du gouvernement, comptent se réunir la semaine prochaine pour un premier échange de vues sur les diverses propositions. Les recommandations et observations de l’Electoral Supervisory Commission pourront être communiquées au gouvernement de manière formelle une fois que l’ébauche du texte de loi sera élaborée, fait-on comprendre dans des milieux bien informés.
De son côté, Rezistans ek Alternativ, à qui revient l’initiative de tout le projet de la réforme électorale pour avoir su faire preuve de conviction, revient à la charge dans un communiqué pour réclamer la publication du Constitutional Amendment Bill vers le 5 mai et que « sanzman Konstitisyonel lor Reform Elektoral fer avan ninport ki disolisyon lasanbe nasyonal ek organizasyon eleksyon zeneral ».
Dans la conjoncture, une autre demande de Rezistans ek Alternativ porte sur l’adoption d’un texte de loi régissant le financement des partis avant les prochaines élections générales. « Rezistans ek Alternativ reklam ki an paralel Ramgoolam prezant ek fer vot enn lalwa lor finansman kanpayn elektoral, pu ki anpes bann bayer de fon kapitalist koronp demokrasi », soulignent Ian Jacob et Ashok Subron.
Commentant les derniers développements sur le plan politique, Rezistans ek Alternativ met en garde contre le fait que « proze enn deziem Repiblik pa kapav rezim li a enn partaz puvwar ant Ramgoolam ek Berenger ». Les animateurs de Rezistans ek Alternativ soulignent également que « bann bulversman politik ki pe deroule an se moman, pa etonn nu. Sa bann parti politik tradisyonel-depase-la nepli ena okenn prinsip. Zot tu epuz mem filozofi politik neo-liberal. Zot inn « make »- « de-make »- « re-make » tu versyon lalyans elektoral posib. Alor nu ni soke, ni etone avek seki pe arive. »