Deux dossiers brûlants occupent l’avant-scène politique depuis ces derniers jours. A l’escalade par voie de communiqués entre le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, et le gouverneur de la Banque de Maurice, Rundheersing Bheenick, suite aux délibérations du Monetary Policy Committee (MPC), est venue s’ajouter la bombe de l’Union européenne avec l’échéance 2017 pour le Winding-Up du Sugar Quota Regime. Les conséquences de cette prochaine étape de la réforme sucre de l’UE pourraient s’avérer accablantes pour les principaux Stakeholders, notamment les planteurs et les travailleurs de l’industrie sucrière locale. L’autre dossier, notamment le bras de fer entre Xavier-Luc Duval et Manou Bheenick sur la conduite de la politique monétaire, comporte des Overtones politiques non négligeables pour la survie de l’alliance gouvernementale PTr/PMSD et après les événements du week-end, tout semble indiquer que les ponts sont coupés entre le ministère des Finances et la Bank of Mauritius Tower.
Les répercussions éventuelles du démantèlement du Sugar Quota Regime de l’Union européenne à partir de 2017, avec pour probabilité que sur le plan de la compétitivité, Maurice ne soit plus un « Major Player » sur le marché sucrier européen, font actuellement l’objet d’évaluation que ce soit à l’hôtel du gouvernement ou encore au Syndicat des Sucres. Le Sugar Desk à l’hôtel du gouvernement a connu un réveil extrêmement tardif sur ces développements majeurs pour l’industrie sucrière mauricienne et depuis, des tentatives de remettre en place une stratégie de lobbying n’auront pas rapporté les effets escomptés.
Deux éléments de l’opération du Winding Up of the Sugar Quota Regime inquiètent principalement les autorités, à savoir la politique déclarée de l’UE visant à réduire ses importations annuelles de sucre de l’ordre de 1,6 million de tonnes à partir de 2018, représentant les cargaisons venant des pays producteurs du groupe d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, dont Maurice fait partie. Ensuite, les prévisions sont qu’il faudra s’attendre à une réduction du prix du sucre sur le marché, passant de 726 euros la tonne en 2012 à 416 euros en 2018, soit une baisse de prix de l’ordre de 43 %.