Les organisateurs du premier grand festival d’arts et d’écologie de Maurice, The Bridge, en ont rêvé et ils le font… Du moins est-ce ce qu’ils ont annoncé sourire aux lèvres hier face à la presse : Patrice sera l’invité vedette du festival. Le directeur musical du festival Gavin Poonoosamy l’a annoncé et le chef de projet de Trimetys, Yayeen Jhuboo, grand fan de Patrice, s’en réjouit. Il faut dire que ce chanteur germano-sierra-léonais vivant à Paris a le profil pour ce festival. Fou de reggae et de Jimi Hendrix, il est avant un musicien qui a su apporter un son pur et de nouvelles couleurs au reggae, si ce n’est de nouvelles causes. Et depuis son premier album, il cartonne, même lorsqu’il organise des concerts à l’aube sur le parvis du Sacré-Coeur à Paris…
Nous aurons bientôt des détails sur la programmation, mais il n’est pas inutile de savoir que l’invité spécial du premier éco-art festival mauricien est un lève-tôt, et un artiste qui aime faire des surprises, ce genre de musicien qui aime bien par exemple convier son public pour un concert en plein air à l’aube ou encore inviter les fans à des concerts éclairs dans les bistrots parisiens. S’il n’a pas changé depuis le portrait paru dans le quotidien français Libération l’an dernier, nous pourrions alors peut-être espérer quelques surprises lorsqu’il viendra à l’occasion de son concert unique le 2 octobre prochain à Tamarin, sur la scène musicale principale du festival, prévue à Riverland.
Acclamé depuis Ancient Spirit en 2000, cet artiste a su convaincre en proposant une musique pure assortie de textes bien sentis, en surfant sur un alliage d’influences musicales très actuelles. Sa voix incantatoire et sa personnalité pleine d’aplomb ont fait le reste.
S’il a écrit son dernier album, le dixième, en hommage à ses enfants, Patrice est un jeune sage qui ne mâche pas ses mots lorsqu’il évoque certaines questions liées aux injustices, au racisme ou à l’environnement, le tout mâtiné d’un sens de l’urgence propre à son parcours métissé, à sa double culture européenne et sierra-léonaise, et aux différents lieux où il a vécu. Son surnom, Babatunde, signifie en haoussa « le retour du vieux », en lien avec le décès de son grand-père paternel survenu le jour de sa naissance.
Sa mère, devenue sa manageuse, est Allemande et l’artiste a grandi dans la banlieue de Cologne. Biberonnant du Bob Marley et du Jimi Hendrix à volonté, il s’est peu à peu forgé une identité musicale faite de multiples influences qui associent sur une base de reggae, la soul, le folk et le funk, le blues et le hip-hop… mais il a préféré dès ses premières productions résumer sa démarche sous le terme sweggae, ou sweet reggae, ce style particulier qu’il présente comme un dérivé du swagga, la confiance en soi dans le langage du hip-hop ! S’il planche déjà sur un prochain album et s’il est question aussi d’un super-album compilant ses meilleurs morceaux, le petit dernier, The rising of the son, reste frais dans les esprits. Tout comme Cry, cry, cry, Everyday good, Up in my room, Soulstorm, etc.
Jayeen Jhuboo et Gavin Poonoosamy ont notamment expliqué que ce chanteur très demandé et ses producteurs se sont montrés intéressés par l’eco-art festival de Tamarin en raison de son concept, qui consiste à associer toutes expressions artistiques et la sensibilisation à l’écologie dans son sens le plus large. Aussi a-t-il même modifié son programme de tournée pour être frais et disponible le jour du concert. Si ses textes imprégnés d’une certaine philosophie de la vie prouvent déjà sa sensibilité à la cause écologique, Patrice est également un artiste multicarte qui écrit aussi des pièces de théâtre… On peut supposer qu’il a été sensible au caractère multidisciplinaire du festival The Bridge, qui en appelle autant aux arts plastiques qu’à la musique, au live painting qu’au design…