À l’issue d’une réunion avec le ministère de l’Enseignement supérieur, l’Université de Maurice et la Tertiary Education Commission, les étudiants de l’École de médecine Louis Pasteur se disent insatisfaits des trois propositions qui leur ont été faites : soit faire une année dans une Université de la Réunion, soit se joindre au programme de l’internat de L’océan Indien, ou encore faire une année d’études de plus à l’Université de Maurice dans un programme spécialement conçu pour eux avant d’obtenir leurs diplômes.
Ces jeunes, qui comptent déjà neuf années d’études et qui attendent d’être reconnus comme médecins, refusent catégoriquement de faire une année d’étude de plus. « Comment peut-on nous demander de perdre encore une année ? » lancent-ils.
La réunion de lundi dans les locaux du ministère de l’Enseignement supérieur concernait uniquement cinq étudiants de l’école Louis Pasteur ; deux d’entre eux ont déjà terminé les neuf ans d’études et l’internat, et attendent d’être enregistrés comme médecin alors que les autres sont actuellement en internat. Il s’agissait de trouver une solution immédiate pour eux alors que le ministère se penche sur d’autres alternatives pour ceux qui effectuent en ce moment leur première année de médecine en France.
À l’issue de cette rencontre, les étudiants se disent découragés. Ils s’attendait à ce qu’une solution soit trouvée à leur problème.
Or, disent-ils, les trois propositions du ministère ne leur conviennent pas. La raison : « Nous avons déjà complété les années d’études qu’il fallait, notre problème n’est donc pas de terminer nos études mais d’être reconnus comme médecins. » Le ministère leur a ainsi proposé trois formules : faire une année d’études dans une université de La Réunion ; participer au programme d’Internat de l’océan Indien ; ou adhérer à un programme d’un an que l’université de Maurice (UoM) propose de mettre en place spécialement pour eux. Dans les trois cas, les étudiants concernés auront à passer un examen en vue d’obtenir un diplôme.
Pour Poonam Sakeesingh qui a complété ses études de médecine, il est hors de question de refaire une année de plus. « Le programme d’Internat de l’océan Indien concerne jusqu’ici que La Réunion et Le Mayotte. Pour ce qui est de l’UoM, il faudra attendre encore des mois avant que l’institution obtienne le feu vert du sénat pour aller de l’avant avec ce programme. Toutes ces démarches peuvent prendre plusieurs mois ! C’est trop, sachant que nous devons aussi faire encore une année », explique-t-elle au Mauricien.
Si les jeunes concernés sont disposés à passer un autre examen pour obtenir leur diplôme de médecin, ils refusent cependant de faire d’autres études. Poonam Sakeesingh s’appuie ainsi sur l’article 21 de la University Act qui stipule : « Subject to the provision of the Statutes, the Senate shall have power to make regulations relating to any of the following matters :-(a) teaching, schemes of instruction, study and research ; (b) the conditions under which persons may be permitted to follow and to continue to follow schemes of instruction, study and research ; (c) the conduct and discipline of students ; (d) the use of the Library ; the conduct of examinations ; (f) the award of degrees, diplomas and other academic distinctions. »
Poonam Sakeesingh est d’avis que l’UoM peut trouver une formule afin qu’ils puissent par aux examens nécessaires directement. « Cela fait presque deux ans que nous avons terminé et nous attendons toujours… Devons nous faire une grève de la faim pour que les autorités trouve la bonne solution à nos problèmes ? » se demande-t-elle. Les jeunes réclament ainsi une autre réunion avec la direction de l’UoM en vue de renégocier ces conditions.