Après des critiques de la part des étudiants de l’école de Médecine Louis Pasteur sur la responsabilité du Pr Soorianarain Baligadoo, directeur de l’institution, dans la rupture du contrat avec l’Université de Lille, le cardiologue a réuni la presse hier pour présenter sa version des faits. Revenant sur la création de cette institution privée, il a déclaré n’avoir rien à se reprocher. « Quand les étudiants se sont envolés pour la France, ils n’étaient plus de ma responsabilité, mais j’ai quand même rendu service », dit-il. Si c’est toujours le statu quo concernant l’avenir de ces étudiants de première année et ceux qui sont en France, le Pr Baligadoo soutient que « c’est l’accréditation de la TEC qui est importante pour faire bouger les choses ».
Lors de son exposé sur la création de l’école Louis Pasteur, le Pr Baligadoo s’est appesanti sur les objectifs, qui étaient d’avoir une institution privée pour former de jeunes médecins reconnus au niveau international. « Je suis fier d’avoir été associé à la création de la première unité de cardiologie dans le privé et d’une chaire pour la médecine à l’Université de Maurice. C’est dans cet esprit que j’ai créé l’école Louis Pasteur pour donner les moyens à tous nos jeunes de faire ses études », dit-il. Si certains étudiants affirment avoir dépensé des millions pour leurs études, le Pr Baligadoo conteste catégoriquement ces chiffres, affirmant qu’ils étaient appelés à payer Rs 100 000 seulement pour la première année et 200 euros par an pour les autres années en France. Le cardiologue ajoute par ailleurs que lors des négociations, il est intervenu auprès des autorités concernées pour que ces étudiants puissent être reçus dans l’université française. « Je leur ai expliqué que c’était injuste de demander à un jeune Mauricien qui a fait toutes les matières scientifiques en anglais de passer le même concours que ces étudiants français. On leur a alors donné la chance d’être reçus sur une note de 10 sur 20 ».
Le Pr Baligadoo est revenu à maintes reprises sur les accords conclus entre l’école mauricienne et l’Université de Lille. Documents à l’appui, il soutient avoir également reçu l’approbation du Medical Council et de la Tertiary Education. L’intervenant devait aussi expliquer comment il a négocié pour que les étudiants puissent présenter leur thèse du troisième cycle d’études par vidéoconférence sans avoir à se déplacer pour la France. Or, un mois avant la présentation des thèses, le 18 septembre dernier, l’école de médecine Louis Pasteur a reçu un courrier officiel de l’Université de Lille l’informant de son intention de mettre fin à l’accord qui les lie. Cette décision, soutient-il, serait due au fait que l’année dernière, l’Université de Lille a reçu une lettre l’informant que les cours dispensés à l’école Louis Pasteur n’étaient pas reconnus et que les étudiants ne pourraient faire leur internat dans les hôpitaux mauriciens. Le Dr Baligadoo affirme n’avoir pourtant rien à se reprocher, car le Medical Council avait lui même donné son accord en 2009 pour que l’Université de Lille offre un diplôme universitaire en médecine aux étudiants après leurs deux ans d’internat. Normalement, souligne-t-il, l’Université de Lille demande trois ans d’internat, mais une formule au moment de l’accord avait été trouvée afin que les étudiants mauriciens obtiennent le même diplôme après deux ans seulement. Pour le Dr Baligadoo, il est clair que l’Université de Lille n’a pas respecté ses engagements. L’institution mauricienne a ainsi entamé des actions légales pour non respect du contrat à l’encontre de l’Université de Lille.
Le Pr Baligadoo soutient avoir fait entre-temps d’autres démarches pour que d’autres universités françaises puissent prendre en charge ses étudiants qui sont actuellement en première année. La décision de la Tertiary Education Commission se fait cependant attendre depuis plus d’un mois. « C’est clair que si nous n’avons pas l’accréditation de la TEC, nous ne pourrons nous engager formellement avec aucune université. L’accréditation de la TEC est importante pour faire bouger les choses », a-t-il conclu.