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« You are nurturing the spirit of entrepreneurship. This project is an excellent model for empowerment ! » C’est ce qu’a déclaré la présidente de la République Ameenah Gurib-Fakim ce matin alors qu’elle inaugurait l’Agricultural Farm, soit l’éco-potager de l’école Père Henri Souchon, à Pointe-aux-Sables. La directrice de l’école, Monique Leung, devait la remercier pour avoir dit, à l’occasion de son accession au plus haut sommet de l’État, qu’elle militerait pour l’éducation des enfants de milieux difficiles. En acceptant l’invitation de cet établissement, qui accueille des jeunes de milieux fragiles, la présidente « a commencé son travail dans cette direction ».
La fierté se lisait sur les visages des élèves de l’École Père Henri Souchon ce matin. La présidente leur a en effet fait l’honneur d’inaugurer leur éco-jardin où, de leurs propres mains, ont poussé une multitude de légumes dépourvus de produits toxiques. Ils lui ont ainsi réservé une haie d’honneur pour l’occasion et des applaudissements à son arrivée. Dans son discours de circonstance, le Dr Gurib-Fakim devait les féliciter de cet accomplissement. « Getting your hands dirty can make a difference. Bravo ! » devait-elle leur lancer. La présidente dira apprécier l’esprit entrepreneurial que ce projet « louable » vient stimuler chez les jeunes. Elle s’est par ailleurs dite confiante que l’initiative en encouragera des semblables dans d’autres établissements scolaires. « Je vous remercie d’avoir mis la main à la pâte, car travailler la terre est un retour aux sources et c’est seulement en travaillant en équipe que l’on fait une différence ».
Guillaume Maurel, le Project Manager de cette Agricultural Farm, comme l’école a décidé de la baptiser, devait indiquer que les élèves ne travaillent avec aucun équipement de protection étant donné qu’aucun produit toxique n’est utilisé. Il devait rappeler les difficultés que profs et élèves ont dû surmonter avant que ne démarre le projet. « Le jardin était un bois. Les débuts ont été laborieux. Il a fallu beaucoup de travail pour peu de résultats. Il y a eu les pluies du début d’année. Ensuite, les élèves ont commencé à planter des plantules à partir des semences ». Guillaume Maurel a ensuite souligné le sérieux problème d’utilisation de produits néfastes dans les plantations à Maurice comme ailleurs. Le prochain défi pour les enfants consistera, dit-il, à bien gérer les finances. « Les recettes doivent être plus fortes que les dépenses », dans la mesure où le parrainage – par Investec Bank – ne durera pas pour toujours.
Amédée Poupard, président de l’administration de l’école, devait souligner la chance que l’établissement a eue d’avoir bénéficié d’un terrain du Diocèse de Port-Louis et du parrainage de la compagnie CMT. « Nous avons un laboratoire high-tech grâce aux dons de la MCB et de la Australian High-Commission qui fait des envieux chez les établissements cinq-étoiles ». Les deux ingrédients essentiels à la gestion d’un tel établissement, selon lui, sont les sponsors — pour payer les salaires et autres dépenses de l’école — et un personnel dévoué.
Craig McKenzie, de l’Investec Bank, qui a financé le projet d’éco-jardin, a estimé que ce projet à la fois environnemental et éducatif pourrait s’étendre à d’autres écoles. Nicola McKenzie, également de l’Investec Bank et qui s’est donnée à fond dans ce projet, a fait ressortir que la passion, l’enthousiasme et l’esprit d’équipe sont à la base de la réussite de tels projets.
Pour rappel, l’École Père Henri Souchon, anciennement connue comme l’école Oasis de Paix, était autrefois sise à rue Saint-Georges, Port-Louis. Accueillant des jeunes de 11 à 18 ans ayant échoué au CPE ou n’ayant jamais été scolarisés, l’établissement se donne pour but de les aider dans leur réinsertion socioprofessionnelle. De 18 en 2006, le nombre d’élèves a plus que décuplé en 2011, passant à 201. C’est en 2013 que les élèves sont venus à Pointe-aux-Sables dans un lieu bien plus spacieux, face à la mer. Le regretté père Henri Souchon avait été, avec la directrice, Monique Leung, le cofondateur de l’école qui porte aujourd’hui son nom. « Aujourd’hui, il nous manque l’âme de l’école, le père Souchon, mais s’il avait été là, il aurait été heureux de vous accueillir », devait dire la directrice à la présidente.